Je continue, si vous le voulez bien avec « mes » poètes haïtiens…
Dont René Dépestre que j'aime bien aussi, je lui avais déjà consacré un article le 28 décembre 2007…
"Si j'étais né homme, moi aussi mon destin eut été celui de l'arbre: l'arbre au soleil comme sous la pluie reste réconcilié avec ses racines et ses feuilles. Il connaît en même temps la nuit et la lumière sans mourir de sa connaissance".
« René Depestre est le poète d'un merveilleux incarné, d'une enfance du cœur, qui nous réconcilie définitivement avec le monde et les hommes, sans cesser d'être lucide, mais en nous démontrant par la poésie que la fraternité est à portée de main et de cœur. »
Ghislain Gouraige Histoire de la littérature haïtienne, 1936)
« René Depestre est un poète et écrivain né le 29 août 1926 à Jacmel en Haïti.
Il fit ses études au Lycée Pétion. Il fonda, avec quelques jeunes gens de son âge le journal "La ruche" qui a été fermé par l'autorité policière à la veille de la chute du gouvernement. Il publie en 1945 ses premiers vers dans le recueil Étincelles.
Engagé dans la vie politique de son pays, il est incarcéré puis doit quitter son île natale pour partir en exil en France puis à Cuba.en Janvier 1946.
Après la révolution de 1946, à laquelle Dépestre prit part active, il partit pour la France, et revint en Haïti en 1958 pour repartir encore. ( Il continue à écrire des poésies :premières oeuvres : Etincelles (1945); Gerbes de Sang (1946); Végétations de Clartés (1951); Traduit du Grand Large; Minerai Noir (1956), dans lequel il évoque les souffrances et les humiliations de l'esclavage .
Son roman Hadriana dans tous mes rêves (1988) reçoit :
le Prix Renaudot,
le Prix du roman de la Société des gens de lettres
le Prix du roman de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
S'il fallait, au monde, présenter mon pays, Je dirais la beauté, la douceur et la grâce De ses matins chantants, de ses soirs glorieux ; Je dirais son ciel pur, je dirais son air doux. L'étagement harmonieux des mornes bleuissants ; Les molles ondulations de ses collines proches La changeante émeraude des cannes au soleil Les cascatelles glissant entre les grosses pierres : Diaphanes chevelures entre les doigts noueux Et les soleils plongeant dans des mers de turquoise … Je dirais, torches rouges tendues au firmament, La beauté fulgurante des flamboyants ardents Et ce bleu, et ce vert, si doré, si limpide Qu'on voudrait dans ses bras serrer le paysage. Je dirais le madras de la femme en bleu Qui descend le sentier son panier sur la tête, L'onduleux balancement de ses hanches robustes Et la mélopée grave des hommes dans le champ, Et le moulin grinçant sous la lune la nuit, Les feux sur la montagne à mi-chemin du ciel ; Le café qu'on recueille sur les sommets altiers L'entêtante senteur des goyaves trop mûres … Je dirais dans les villes, les torses nus et bronzés De ceux qui, dans la rue sous la dure chaleur, Ne se laissent pas effrayer par la plus lourde peine ; Et les rameurs menant, à l'abri de nos ports, Lorsque revient le soir, les corallins dansants Cependant que les îles au large, paresseuses, Laissent monter en fumée, au fond du crépuscule La lente imploration de leurs boucans lointains … Mais j'affermis ma voix d'une ardeur plus guerrière Pour dire la vaillance de ceux qui l'ont forgé ; Je dirais la leçon qu'au monde plus qu'étonné, Donnèrent ceux qu'on croyait des esclaves soumis. Je dirais la fierté, je dirais l‘âpre orgueil, Présents qu'à nos berceaux nous trouvons déposés, Et le farouche amour que nous portons en nous Pour une liberté au prix trois fois sanglant … Et le bouillonnement vif montant dans nos artères Lorsqu'au fond de nos bois nous entendons, la nuit, Le conique tambour que nos lointains ancêtres Ont porté jusqu'à nous des rives de l'Afrique, Mère vers qui sans cesse sont tournés nos regards … S'il fallait au monde présenter mon pays, Je dirais plus encor, je dirais moins encor. Je dirais ton cœur bon, ô peuple de chez nous.
Marie-Thérèse Colimon.
(Marie-Thérèse Colimon haïtienne, sa poésie nous vient d'un des pays les plus pauvres et des plus déshérités du monde .Mon pays, fût publié en 1953 dans La voix des Femmes...)
Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume Poussaient au bord de nos chemins Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains Et tes cheveux avec des plumes.
L'ombre était bienveillante à nos pas réunis En leur marche, sous le feuillage ; Une chanson d'enfant nous venait d'un village Et remplissait tout l'infini.
Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne Sous la garde des longs roseaux Et le beau front des bois reflétait dans les eaux Sa haute et flexible couronne.
Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient Ensemble une même pensée, Nous songions que c'était notre vie apaisée Que ce beau soir nous dévoilait.
Une suprême fois, tu vis le ciel en fête Se parer et nous dire adieu ; Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.
Toute la nuit j'ai dormi avec toi près de la mer, dans l'île. Sauvage et douce tu étais entre le plaisir et le sommeil, entre le feu et l'eau. . Très tard peut-être nos sommeils se sont-ils unis par le sommet ou par le fond, là-haut comme des branches agitées par le même vent, en bas comme rouges racines se touchant. . Peut-être ton sommeil s'est il aussi dépris du mien et sur la mer et sur sa nuit m'a-t-il cherché comme avant toi et moi, quand tu n'existais pas encore, quand sans t'apercevoir je naviguais de ton côté et que tes yeux cherchaient ce qu'aujourd'hui - pain, vin, amour, colère - je t'offre à pleines mains à toi, la coupe qui attendait de recevoir les présents de ma vie. . J'ai dormi avec toi toute la nuit alors que la terre en sa nuit tournait avec ses vivants et ses morts, et lorsque je me réveillais soudain, par l'ombre environné, mon bras te prenait par la taille. La nuit ni le sommeil n'ont pu nous séparer. . J'ai dormi avec toi et ta bouche, au réveil, sortie de ton sommeil m'a donné la saveur de terre, d'algues, d'onde marine, qui s'abrite au fond de ta vie. Alors j'ai reçu ton baiser que l'aurore mouillait comme s'il m'arrivait de cette mer qui nous entoure.
"Les cons, ça ose tout, et c'est même à ça qu'on les reconnait".
Michel Audiard (LesTontons flingueurs)
"Nous l'avons tous déjà vu et revu, un film culte dont on se lasse jamais...
"Les Tontons flingueurs" est un véritable monument du cinéma français !
Réalisé par Georges Lautner avec les incroyables acteurs qu'étaient : Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre, Robert Dalban. Perle du cinéma français avec les dialogues cultes ciselés par Michel Audiard..."
"Les amis sont comme des anges qui nous remettent en position quand nos ailes ne se souviennent plus comment voler."
Il y a de cela plusieurs années, un père punit sa fillette de 3 ans pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré. L'argent se faisait rare et il ne put supporter que la fillette utilisa le papier pour décorer une boite à cadeau pour occuper le dessous de l'arbre de Noël.
Le lendemain matin, la petite enfant apporta le cadeau à son père en lui disant :
"C'est pour toi Papa ! "
Embarrassé, son père regretta sa trop vive réaction.
Toutefois, elle se raviva et ne fit qu'empirer quand il découvrit que la boite était vide. Il cria alors à sa fille : "Ne sais-tu pas qu'en offrant un paquet-cadeau, il doit toujours y avoir quelque chose dans la boite ?"
La fillette regarda son père les yeux pleins d'eau et lui dit : "Mais papa, la boite n'est pas vide, je l'ai remplie de bisous juste pour toi." Le père était chaviré. Il enlaça sa fille, la priant de lui pardonner sa réaction.
Mais peu de temps après, un accident vint faucher la fillette. Le père garda longtemps la boite, tout près de son lit. À chaque fois que le découragement l'assaillait, il prenait la boite, en tirait un baiser imaginaire et se rappelait l'amour que l'enfant y avait mis.
Finalement, cette jolie fable, nous remémore, que chacun de nous, peut posséder, et garder à jamais près de soi, une telle boîte dorée emplie d'amour inconditionnel et de bisous des êtres que nous chérissons ...
À chaque jour l'année nouvelle à chaque instant l'enfant Noël à tout bonjour le voeu sur l'aile l'arbre qui pousse dans le coeur la joie qui jette sa verdure Le Dieu qui parle à mon oreille et le poème qui répond dans la lumière des images.
Si tu avances par les routes l'âme légère autour de toi il n'est pas loin le paradis : la main offerte et le sourire ouvrent sa porte à deux battants.
C'était la nuit avant Noël, dans la maison tout était calme. Pas un bruit, pas un cri, pas même une souris! Les chaussettes bien sages pendues à la cheminée attendaient le Père Noël. Allait-il arriver? Les enfants blottis dans leur lit bien au chaud rêvaient de friandises, de bonbons, de gâteaux. Maman sous son fichu, et moi sous mon bonnet et vous prêts à dormir toute une longue nuit d'hiver. Dehors, tout à coup, il se fit un grand bruit! Je sautais de mon lit, courais à la fenêtre, j'écartais les volets, j'ouvrais grand la croisée. La lune sous la neige brillait comme en plein jour. Alors, parut à mon regard émerveillé, un minuscule traîneau et huit tout petits rennes conduits par un bonhomme si vif et si léger qu'en un instant je sus que c'était le Père Noël! Plus rapides que des aigles, ses coursiers galopaient, lui il les appelait, il sifflait, il criait:
"Allez Fougueux, allez Danseur, Fringant et puis Renarde, En avant Comète! Cupidon en avant, Tonnerre, Éclair, allons, allons Au-dessus des porches, par delà les murs! Allez! Allez plus vite encore!"
Comme des feuilles mortes poussées par le vent, passant les obstacles, traversant le ciel, les coursiers volaient au-dessus des toits, tirant le traîneau rempli de jouets Et, en un clin d'œil, j'entendis sur le toit le bruit de leurs sabots qui caracolaient. L'instant qui suivit le Père Noël d'un bond descendait par la cheminée.
Il portait une fourrure de la tête aux pieds, couverte de cendres et de suie, et, sur son dos, il avait une hotte pleine de jouets comme un colporteur avec ses paquets. Ses yeux scintillaient de bonheur, ses joues étaient roses, son nez rouge cerise, on voyait son petit sourire à travers sa barbe blanche comme neige. Un tuyau de pipe entre les dents, un voile de fumée autour de la tête, un large visage, un petit ventre tout rond qui remuait quand il riait; il était joufflu et rebondi comme un vieux lutin. Je n'ai pu m'empêcher de rire en le voyant et d'un simple clin d'oeil, d'un signe de la tête il me fit savoir que je ne rêvais pas: c'était lui! Puis, sans dire un mot, il se mit à l'ouvrage et remplit les chaussettes. Il se retourna, se frotta le nez et d'un petit geste repartit par la cheminée. Une fois les cadeaux déposés, il siffla son attelage, puis reprit son traîneau et les voilà tous repartis plus légers encore que des plumes Et dans l'air j'entendis avant qu'ils disparaissent:
Mais non sur un clair olifant, Quand on a la gorge meurtrie Par l'hiver à l'ongle griffant. Las ! Avec un râle étouffant Il est salué chaque année Chez ceux qu'il glace en arrivant, Ceux qui n'ont pas de cheminée.
Il jasait, la mine fleurie, Plus joyeux qu'un soleil levant, Apportant fête et gâterie, Bonbons, joujoux, cadeaux, devant Le bébé riche et triomphant. Mais quelle âpre et triste journée Pour les pauvres repus de vent Ceux qui n'ont pas de cheminée.
Heureux le cher enfant qui prie Pour son soulier au noeud bouffant, Afin que Jésus lui sourie ! Aux gueux, le sort le leur défend. Leur soulier dur, crevé souvent, Dans quelle cendre satinée Le mettraient-ils, en y rêvant, Ceux qui n'ont pas de cheminée ?
ENVOI
Prince, ayez pitié de l'enfant Dont la face est parcheminée, Faites Noël en réchauffant Ceux qui n'ont pas de cheminée.
Jésus Christ poursuivi par ses ennemis fut caché par un arbousier charitable.
Mais la traître scopa (bruyère) n'hésita pas à dénoncer l'albitru (l'arbousier)et Jésus fut capturé. Il remercia l'arbre charitable, en le pourvoyant de fruits(l'arbouse, u bagu) et en bannissant la traître scopa qui depuis lors fleurit sans jamais donner de fruits ...
Les fruits mettent un an pour arriver à maturité. Il n'est pas rare de voir le même rameau porter les fleurs de l'année et les fruits mûrs nés des fleurs de l'année précédente.
"On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Antoine de Saint Exupery
Bonjour,
Je vous remercie de passer me rendre visite, mais soyez indulgents , je ne suis qu'une novice... ( un peu moins quand même... ce blog vient de souffler sa deuxième bougie ce 18 novembre !)
Je viens traîner mes galoches par ici, tout simplement pour partager avec vous mon engouement pour la poésie et la nature, pour "mon" île de Beauté, que j'ai abandonnée il y a quelques années pour la belle Provence...
Et sans défiance, je mets en ligne des sujets qui vont paraître disparates les uns des autres, mais qui ont cependant un point commun : notre terre et l'humain que nous nous devons de respecter ...
Pace e salute...
Lily
0 COMMENTAIRE(S) ?...Pourtant je sais que vous êtes passé(e) par là... L'air est encore embaumé de votre fragrance... Et sur le chemin de vos pas la trace...
Alors vous inconnu(e) qui me lisez ne restez pas ainsi dans l'anonymat... Juste une petite "bafouille"...
Merci...
sourire...
(*-*)
Si vous avez un blog, veuillez laisser votre adresse, je vous rendrai visite avec plaisir...
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