Pour mon coeur suffit ta poitrine,
pour ta liberté suffisent mes ailes.
De ma bouche parviendra au ciel
ce qui était endormi sur ton âme.
Est en toi la joie naïve de chaque jour.
Tu sapes l'horizon par ton absence.
Eternellement en fugue comme la vague.
J'ai dit que tu chantais dans le vent
comme les pins et comme les mâts.
Comme eux tu es haute et taciturne.
Et tu t'attristes soudain, comme un voyage.
Accueillante comme un vieux chemin.
Tu es peuplée d'échos et de voix nostalgiques.
Je me suis éveillé et parfois émigrent et fuient
des oiseaux qui dormaient sur ton âme.
Pablo Neruda
(Vingt poèmes d'amour, XII)
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