| mercredi 23 septembre 2009, a 23:51 |
| Chisa, au bord de l'eau... |
Bittô
... Voici qu'on voit venir, le soleil sur les yeux, La petite Bittô, la danseuse aux crotales ; La blancheur du chemin plaît à ses pieds joyeux Que la poussière brûle au travers des sandales.
Son voile est de lin vert comme un nouveau raisin, Sa robe est attachée à son épaule frêle, La beauté du matin enorgueillit son sein Et son coeur est content comme une sauterelle.
Ses boîtes de parfums et son petit miroir Font un bruit de cailloux au fond de sa corbeille ; Elle danse en marchant et s'amuse de voir Des bords de chaque fleur s'envoler des abeilles.
- Ah ! Bittô, quel désir mène tes pieds distraits Aux dangereux sentiers de la campagne ardente ? D'invisibles Érôs habitent les forêts, Et des poisons subtils montent du coeur des plantes.
Retourne te mêler aux travaux du matin, Car l'heure de midi promptement s'achemine, Ou bien va regarder dans ton petit jardin Si la nuit a mûri les vertes aubergines...
Mais, rieuse et nouant ses deux mains à son cou, Bittô n'écoute pas les prudentes paroles ; Le vent joueur s'enroule autour de ses genoux Et fait un bruit soyeux comme un ruban qui vole.
Le baume végétal qui flotte dans l'air bleu Enduit d'un miel léger son âme complaisante Elle vient, au travers des épis onduleux, S'asseoir près d'un étang où rêve l'eau luisante.
Avides de s'unir au glorieux été, La pivoine touffue et l'anémone rose Se pâment de désir et semblent rejeter Le lâche vêtement des corolles décloses.
- Quelle silencieuse et palpitante ardeur Rôde autour de vos pieds, vous guette et vous accueille, Bittô ? Le soleil gonfle et mûrit votre coeur ; Votre coeur est tremblant comme un buisson de feuilles.
Du flanc de la colline où le cassis bleuit, Voici Criton qui vient faire boire ses chèvres A l'étang où Bittô, sous la feuille qui luit, S'amuse à retenir l'eau vive entre ses lèvres.
Il s'est approché d'elle, il lui dit : " Ma Bittô, Prends ce fromage, blanc et rond comme la lune, La noix que j'ai sculptée au bout de mon couteau Et le panier de jonc où je mettais mes prunes. "
Il lui fait de hardis et timides serments, Il l'entoure, il la presse, il tient ses mains, il joue... - Et Bittô, déjà lasse et faible infiniment, Se couche dans ses bras et lui baise la joue...
Anna de Noailles |
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| jeudi 19 février 2009, a 23:40 |
| L'ardeur... |
Rire ou pleurer, mais que le coeur Soit plein de parfums comme un vase, Et contienne jusqu'à l'extase La force vive ou la langueur.
Avoir la douleur ou la joie, Pourvu que le coeur soit profond Comme un arbre où des ailes font Trembler le feuillage qui ploie ;
S'en aller pensant ou rêvant, Mais que le coeur donne sa sève Et que l'âme chante et se lève Comme une vague dans le vent.
Que le coeur s'éclaire ou se voile, Qu'il soit sombre ou vif tour à tour, Mais que son ombre et que son jour Aient le soleil ou les étoiles...
Anna de Noailles
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| mercredi 02 juillet 2008, a 23:51 |
| La vie profonde... |
La vie profonde
Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain, Étendre ses désirs comme un profond feuillage, Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage, La sève universelle affluer dans ses mains !
Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, Boire le sel ardent des embruns et des pleurs, Et goûter chaudement la joie et la douleur Qui font une buée humaine dans l'espace !
Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre. - S'élever au réel et pencher au mystère, Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.
Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise, Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau, Et comme l'aube claire appuyée au coteau Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...
Anna de Noailles
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| dimanche 08 juin 2008, a 23:44 |
| Bonne nuit ! |

A la nuit
Nuits où meurent l'azur, les bruits et les contours, Où les vives clartés s'éteignent une à une, Ô nuit, urne profonde où les cendres du jour Descendent mollement et dansent à la lune,
Jardin d'épais ombrage, abri des corps déments, Grand coeur en qui tout rêve et tout désir pénètre Pour le repos charnel ou l'assouvissement, Nuit pleine des sommeils et des fautes de l'être,
Nuit propice aux plaisirs, à l'oubli, tour à tour, Où dans le calme obscur l'âme s'ouvre et tressaille Comme une fleur à qui le vent porte l'amour, Ou bien s'abat ainsi qu'un chevreau dans la paille,
Nuit penchée au-dessus des villes et des eaux, Toi qui regardes l'homme avec tes yeux d'étoiles, Vois mon coeur bondissant, ivre comme un bateau, Dont le vent rompt le mât et fait claquer la toile !
Regarde, nuit dont l'oeil argente les cailloux, Ce coeur phosphorescent dont la vive brûlure Éclairerait, ainsi que les yeux des hiboux, L'heure sans clair de lune où l'ombre n'est pas sûre.
Vois mon coeur plus rompu, plus lourd et plus amer Que le rude filet que les pêcheurs nocturnes Lèvent, plein de poissons, d'algues et d'eau de mer Dans la brume mouillée, agile et taciturne.
A ce coeur si rompu, si amer et si lourd, Accorde le dormir sans songes et sans peines, Sauve-le du regret, de l'orgueil, de l'amour, Ô pitoyable nuit, mort brève, nuit humaine !...
Anna de Noailles
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| jeudi 22 mai 2008, a 19:58 |
| Quenza... |
Le coeur
Mon coeur tendu de lierre odorant et de treilles, Vous êtes un jardin où les quatre saisons Tenant du buis nouveau, des grappes de groseilles Et des pommes de pin, dansent sur le gazon... - Sous les poiriers noueux couverts de feuilles vives Vous êtes le coteau qui regarde la mer, Ivre d'ouïr chanter, quand le matin arrive, La cigale collée au brin de menthe amer. - Vous êtes un vallon escarpé ; la nature Tapisse votre espace et votre profondeur De mousse délicate et de fraîche verdure. - Vous êtes dans votre humble et pastorale odeur Le verger fleurissant et le gai pâturage Où les joyeux troupeaux et les pigeons dolents Broutent le chèvrefeuille ou lissent leur plumage. - Et vous êtes aussi, coeur grave et violent, La chaude, spacieuse et prudente demeure Pleine de vins, de miel, de farine et de riz, Ouverte au bon parfum des saisons et des heures, Où la tendresse humaine habite et se nourrit...
Anna de Noailles
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| lundi 05 mai 2008, a 19:42 |
| Le marronnier |
Marronnier en fleurs
Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent, La rumeur du jour vif se disperse et s'enfuit, Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit, Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...
Les marronniers, sur l'air plein d'or et de lourdeur, Répandent leurs parfums et semblent les étendre ; On n'ose pas marcher ni remuer l'air tendre De peur de déranger le sommeil des odeurs.
Anna de Noailles
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| mercredi 20 février 2008, a 17:22 |
| Anna de Noailles |

Grand vase de fleurs, Pierre Auguste Renoir
L'ardeur
Rire ou pleurer, mais que le coeur Soit plein de parfums comme un vase, Et contienne jusqu'à l'extase La force vive ou la langueur.
Avoir la douleur ou la joie, Pourvu que le coeur soit profond Comme un arbre où des ailes font Trembler le feuillage qui ploie ;
S'en aller pensant ou rêvant, Mais que le coeur donne sa sève Et que l'âme chante et se lève Comme une vague dans le vent.
Que le coeur s'éclaire ou se voile, Qu'il soit sombre ou vif tour à tour, Mais que son ombre et que son jour Aient le soleil ou les étoiles...
Anna de Noailles
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| samedi 19 janvier 2008, a 20:05 |
| la pensée |

La jeunesse
Tout le plaisir de vivre est tenu dans vos mains, Ô Jeunesse joyeuse, ardente, printanière, Autour de qui tournoie l'emportement humain Comme une abeille autour d'une branche fruitière !
Vous courez dans les champs, et le vol d'un pigeon Fait plus d'ombre que vous sur l'herbe soleilleuse. Vos yeux sont verdoyants, pareils à deux bourgeons, Vos pieds ont la douceur des feuilles cotonneuses.
Vous habitez le tronc fécond des cerisiers Qui reposent sur l'air leurs pesantes ramures, Votre coeur est léger comme un panier d'osier Plein de pétales vifs, de tiges et de mûres.
C'est par vous que l'air joue et que le matin rit, Que l'eau laborieuse ou dolente s'éclaire, Et que les coeurs sont comme un jardin qui fleurit Avec ses amandiers et ses roses trémières !
C'est par vous que l'on est vivace et glorieux, Que l'espoir est entier comme la lune ronde, Et que là bonne odeur du jour d'été joyeux Pénètre largement la poitrine profonde !
C'est par vous que l'on est incessamment mêlé A la chaude, odorante et bruyante nature ; Qu'on est fertile ainsi qu'un champ d'orge et de blé, Beau comme le matin et comme la verdure.
Ah ! jeunesse, pourquoi faut-il que vous passiez Et que nous demeurions pleins d'ennuis et pleins d'âge, Comme un arbre qui vit sans lierre et sans rosier, Qui souffre sur la route et ne fait plus d'ombrage...
Anna de Noailles
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| samedi 19 janvier 2008, a 20:01 |
| la pensée du jour... |
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"Il n'est rien de réel que le rêve et l'amour"
Anna de Noailles |
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| dimanche 16 décembre 2007, a 23:02 |
| Anna de Noailles ... ô lumineux matin |
Ô lumineux matin
Ô lumineux matin, jeunesse des journées, Matin d'or, bourdonnant et vif comme un frelon, Qui piques chaudement la nature, étonnée De te revoir après un temps de nuit si long ;
Matin, fête de l'herbe et des bonnes rosées, Rire du vent agile, oeil du jour curieux, Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées, Dans les buissons luisants s'ouvrir comme des yeux ;
Heure de bel espoir qui s'ébat dans l'air vierge Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons, Où les coteaux herbeux, d'où l'aube blanche émerge, Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons ;
Belle heure, où tout mouillé d'avoir bu l'eau vivante, Le frissonnant soleil que la mer a baigné Éveille brusquement dans les branches mouvantes Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,
Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance, Gai divertissement des guêpes sur le thym, - Tu écartes la mort, les ombres, le silence, L'orage, la fatigue et la peur, cher matin...
Anna de Noailles
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| samedi 15 décembre 2007, a 20:16 |
| La vie Profonde |
La sainte Beaume (décembre 2007)
La vie profonde
Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain, Étendre ses désirs comme un profond feuillage, Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage, La sève universelle affluer dans ses mains !
Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, Boire le sel ardent des embruns et des pleurs, Et goûter chaudement la joie et la douleur Qui font une buée humaine dans l'espace !
Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre. - S'élever au réel et pencher au mystère, Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.
Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise, Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau, Et comme l'aube claire appuyée au coteau Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...
Anna de Noailles
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| vendredi 14 décembre 2007, a 13:03 |
| L'innocence |
L'innocence
Si tu veux nous ferons notre maison si belle Que nous y resterons les étés et l'hiver ! Nous verrons alentour fluet l'eau qui dégèle, Et les arbres jaunis y redevenir verts.
Les jours harmonieux et les saisons heureuses Passeront sur le bord lumineux du chemin, Comme de beaux enfants dont les bandes rieuses S'enlacent en jouant et se tiennent les mains.
Un rosier montera devant notre fenêtre Pour baptiser le jour de rosée et d'odeur ; Les dociles troupeaux, qu'un enfant mène paître, Répandront sur les champs leur paisible candeur.
Le frivole soleil et la Lune pensive Qui s'enroulent au tronc lisse des peupliers Refléteront en nous leur âme lasse ou vive Selon les clairs midis et les soirs familiers.
Nous ferons notre cœur si simple et si crédule Que les esprits charmants des contes d'autrefois Reviendront habiter dans les vieilles pendules Avec des airs secrets, affairés et courtois.
Pendant les soirs d'hiver, pour mieux sentir la flamme, Nous tâcherons d'avoir un peu froid tous les deux, Et de grandes clartés nous danseront dans l'âme A la lueur du bois qui semblera joyeux.
Émus de la douceur que le printemps apporte, Nous ferons en avril des rêves plus troublants. - Et l'Amour sagement jouera sur notre porte Et comptera les jours avec des cailloux blancs...
Anna de Noailles |
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| vendredi 14 décembre 2007, a 00:37 |
| L'automne |
L'automne
Voici venu le froid radieux de septembre : Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ; Mais la maison a l'air sévère, ce matin, Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.
Comme toutes les voix de l'été se sont tues ! Pourquoi ne met-on pas de mantes aux statues ? Tout est transi, tout tremble et tout a peur ; je crois Que la bise grelotte et que l'eau même a froid.
Les feuilles dans le vent courent comme des folles ; Elles voudraient aller où les oiseaux s'envolent, Mais le vent les reprend et barre leur chemin Elles iront mourir sur les étangs demain.
Le silence est léger et calme ; par minute Le vent passe au travers comme un joueur de flûte, Et puis tout redevient encor silencieux, Et l'Amour qui jouait sous la bonté des cieux
S'en revient pour chauffer devant le feu qui flambe Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes, Et la vieille maison qu'il va transfigurer Tressaille et s'attendrit de le sentir entrer...
Anna de Noailles
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| vendredi 14 décembre 2007, a 00:31 |
| Le verger |
Arcimboldo Giuseppe (1530-1593), peintre maniériste italien, mondialement connu pour ses portraits allégoriques composés de végétaux ou de minéraux.il fut l'inventeur d'un type de portrait bien précis : les " têtes composées ". Ce nouveau genre de peinture fantastique fut élaboré à partir d'assemblages d'animaux, de fleurs, de fruits ou d'objets, étudiés avec soin afin de suggérer des formes humaines en rapport avec des sujets précis ou des types de caractères. Parfois satiriques, toujours très décoratifs, ses tableaux à la fois ludiques et étranges, furent considérés comme de véritables curiosités.
Le verger
Dans le jardin, sucré d'oeillets et d'aromates,
Lorsque l'aube a mouillé le serpolet touffu,
Et que les lourds frelons, suspendus aux tomates,
Chancellent, de rosée et de sève pourvus,
Je viendrai, sous l'azur et la brume flottante,
Ivre du temps vivace et du jour retrouvé,
Mon coeur se dressera comme le coq qui chante
Insatiablement vers le soleil levé.
L'air chaud sera laiteux sur toute la verdure,
Sur l'effort généreux et prudent des semis,
Sur la salade vive et le buis des bordures,
Sur la cosse qui gonfle et qui s'ouvre à demi ;
La terre labourée où mûrissent les graines
Ondulera, joyeuse et douce, à petits flots,
Heureuse de sentir dans sa chair souterraine
Le destin de la vigne et du froment enclos.
Des brugnons roussiront sur leurs feuilles, collées
Au mur où le soleil s'écrase chaudement ;
La lumière emplira les étroites allées
Sur qui l'ombre des fleurs est comme un vêtement.
Un goût d'éclosion et de choses juteuses
Montera de la courge humide et du melon,
Midi fera flamber l'herbe silencieuse,
Le jour sera tranquille, inépuisable et long.
Et la maison, avec sa toiture d'ardoises,
Laissant sa porte sombre et ses volets ouverts,
Respirera l'odeur des coings et des framboises
Éparse lourdement autour des buissons verts ;
Mon coeur, indifférent et doux, aura la pente
Du feuillage flexible et plat des haricots
Sur qui l'eau de la nuit se dépose et serpente
Et coule sans troubler son rêve et son repos.
Je serai libre enfin de crainte et d'amertume,
Lasse comme un jardin sur lequel il a plu,
Calme comme l'étang qui luit dans l'aube et fume,
Je ne souffrirai plus, je ne penserai plus,
Je ne saurai plus rien des choses de ce monde,
Des peines de ma vie et de ma nation,
J'écouterai chanter dans mon âme profonde
L'harmonieuse paix des germinations.
Je n'aurai pas d'orgueil, et je serai pareille,
Dans ma candeur nouvelle et ma simplicité,
A mon frère le pampre et ma soeur la groseille
Qui sont la jouissance aimable de l'été,
Je serai si sensible et si jointe à la terre
Que je pourrai penser avoir connu la mort,
Et me mêler, vivante, au reposant mystère
Qui nourrit et fleurit les plantes par les corps.
Et ce sera très bon et très juste de croire
Que mes yeux ondoyants sont à ce lin pareils,
Et que mon coeur, ardent et lourd, est cette poire
Qui mûrit doucement sa pelure au soleil...
Anna de Noailles
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| Présentation |  "On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Antoine de Saint Exupery
Bonjour,
Je vous remercie de passer me rendre visite, mais soyez indulgents , je ne suis qu'une novice... ( un peu moins quand même... ce blog vient de souffler sa première bougie ce 18 novembre !)
Je viens traîner mes galoches par ici, tout simplement pour partager avec vous mon engouement pour la poésie et la nature, pour "mon" île de Beauté, que j'ai abandonnée il y a quelques années pour la belle Provence...
Et sans défiance, je mets en ligne des sujets qui vont paraître disparates les uns des autres, mais qui ont cependant un point commun : notre terre et l'humain que nous nous devons de respecter ...
Pace e salute...
Lily
0 COMMENTAIRE(S) ?...Pourtant je sais que vous êtes passé(e) par là... L'air est encore embaumé de votre fragrance... Et sur le chemin de vos pas la trace...
Alors vous inconnu(e) qui me lisez ne restez pas ainsi dans l'anonymat... Juste une petite "bafouille"...
Merci...
sourire...
(*-*)
Si vous avez un blog, veuillez laisser votre adresse, je vous rendrai visite avec plaisir...
*Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer sur la "main" quand vous déplacez la souris !
**Vous pouvez mettre sur pause le lecteur de musique, en cours, et selectionner une autre chanson si vous le souhaitez !
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