| lundi 20 juillet 2009, a 23:34 |
| Les poètes disparus... |
Les greniers
Sous le manteau des toits s'étalaient les greniers Larges, profonds, avec de géantes lignées De solives en croix, de poutres, de sommiers, D'où pendaient à ses fils un peuple d'araignées.
Les récoltes en tas s'y trouvaient alignées : Les froments par quintaux, les seigles par paniers, Les orges, de clarté poussiéreuse baignées, L'avoine et le colza par monceaux réguliers.
Un silence profond et lourd, tel une mare, S'étendait sur les grains que coupait de sa barre Et de ses lames d'or le soleil de juillet.
Au reste les souris toutes se tenaient coites, Les museaux enfoncés dans leurs niches étroites, Tandis que sur un van le grand chat blanc veillait.
Emile Verhaeren |
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| jeudi 16 juillet 2009, a 23:53 |
| Roses et poème du soir... |
Dans la maison où notre amour a
voulu naître
Dans la maison où notre amour a voulu naître, Avec les meubles chers peuplant l'ombre et les coins, Où nous vivons à deux, ayant pour seuls témoins Les roses qui nous regardent par les fenêtres.
Il est des jours choisis, d'un si doux réconfort, Et des heures d'été, si belles de silence, Que j'arrête parfois le temps qui se balance, Dans l'horloge de chêne, avec son disque d'or.
Alors l'heure, le jour, la nuit est si bien nôtre Que le bonheur qui nous frôle n'entend plus rien, Sinon les battements de ton coeur et du mien Qu'une étreinte soudaine approche l'un de l'autre.
Emile Verhaeren |
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| mardi 23 juin 2009, a 23:36 |
| Juin... |

C'était en juin dans le jardin
C'était en juin, dans le jardin, C'était notre heure et notre jour ; Et nos yeux regardaient, avec un tel amour, Les choses, Qu'il nous semblait que doucement s'ouvraient Et nous voyaient et nous aimaient Les roses.
Le ciel était plus pur qu'il ne le fut jamais : Les insectes et les oiseaux Volaient dans l'or et dans la joie D'un air frêle comme la soie ; Et nos baisers étaient si beaux Qu'ils exaltaient et la lumière et les oiseaux.
On eût dit un bonheur qui tout à coup s'azure Et veut le ciel entier pour resplendir ; Toute la vie entrait, par de douces brisures, Dans notre être, pour le grandir.
Et ce n'étaient que cris invocatoires, Et fous élans et prières et voeux, Et le besoin, soudain, de recréer des dieux, Afin de croire.
Emile Verhaeren |
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| samedi 11 avril 2009, a 23:15 |
| Pâques... |
Pâques
Au bord du toit, près des lucarnes, On a repeint les pigeonniers, Et les couleurs vives vacarment Depuis les seuils jusqu'aux greniers.
Et c'est le vert, le brun, le rouge, Sur les pignons, au bord de l'eau, Et tout cela se mire et bouge Dans la Lys, la Durme ou l'Escaut.
On bouleverse les cuisines : Des mains rudes, de larges bras Frottent les antiques bassines, L'écuelle usée et le pot gras.
Sur les linges, les draps, les taies, Qu'on sèche à l'air vierge et vermeil, Pleuvent, partout, le long des haies, Les ors mobiles du soleil.
Là-bas, au fond des cours, s'allument Faux et râteaux, coutres et socs; Comme de hauts bouquets de plumes Sur les fumiers luisent les coqs.
Pâques descend sur le village : Tout est lavé, même l'égout; Et l'on suspend l'oiseau en cage, Près de la porte, à l'ancien clou.
Émile Verhaeren
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| samedi 04 avril 2009, a 23:35 |
| Rose printemps... |
Le printemps jeune et bénévole
Le printemps jeune et bénévole Qui vêt le jardin de beauté Elucide nos voix et nos paroles Et les trempe dans sa limpidité.
La brise et les lèvres des feuilles Babillent, et lentement effeuillent En nous les syllabes de leur clarté.
Mais le meilleur de nous se gare Et fuit les mots matériels ; Un simple et doux élan muet Mieux que tout verbe amarre
Notre bonheur à son vrai ciel : Celui de ton âme, à deux genoux, Tout simplement, devant la mienne, Et de mon âme, à deux genoux, Très doucement, devant la tienne.
Emile Verhaeren |
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| vendredi 16 janvier 2009, a 23:19 |
| Quand le ciel étoilé couvre notre demeure... bonne nuit ! |
Van Gogh
Quand le ciel étoilé couvre notre demeure
Quand le ciel étoilé couvre notre demeure Nous nous taisons durant des heures Devant son feu intense et doux Pour nous sentir, plus fervemment, émus de nous.
Les grands astres d'argent tracent là-haut leur route ; Sous les flammes et les lueurs La nuit étend ses profondeurs Et le calme est si grand que l'océan l'écoute !
Mais qu'importe que se taise même la mer, Si dans l'espace immense et clair Plein d'invisible violence Nos coeurs battent si fort qu'ils font tout le silence !
Emile Verhaeren
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| mardi 21 octobre 2008, a 23:50 |
| Automne, un poème et des roses pour vous ! |
Parfum de roses d'octobre au jardin
Bien que déjà, ce soir
Bien que déjà, ce soir L'automne Laisse aux sentes et aux orées, Comme des mains dorées, Lentes, les feuilles choir, Bien que déjà l'automne, Ce soir, avec ses bras de vent, Moissonne, Sur les rosiers fervents Les pétales et leur pâleur, Ne laissons rien de nos deux âmes Tomber soudain avec ces fleurs.
Mais tous les deux, autour des flammes De l'âtre en or de souvenir, Mais tous les deux, blottissons-nous, Les mains au feu et les genoux.
Contre les deuils cachés dans l'avenir, Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin, Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin, Blottissons-nous, près du foyer, Que la mémoire en nous fait flamboyer.
Et si l'automne obère A grands pans d'ombre et d'orages planants, Les bois, les pelouses et les étangs, Que sa douleur du moins n'altère L'intérieur jardin tranquillisé, Où s'unissent, dans la lumière, Les pas égaux de nos pensées.
Emile Verhaeren
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| mercredi 16 juillet 2008, a 23:52 |
| Poème du soir... |
Lever de soleil en Corse
Au clos de notre amour, l'été se continue
Au clos de notre amour, l'été se continue : Un paon d'or, là-bas, traverse une avenue ; Des pétales pavoisent - Perles, émeraudes, turquoises - L'uniforme sommeil des gazons verts Nos étangs bleus luisent, couverts Du baiser blanc des nénuphars de neige ; Aux quinconces, nos groseilliers font des cortèges ; Un insecte de prisme irrite un coeur de fleur ; De merveilleux sous-bois se jaspent de lueurs ; Et, comme des bulles légères, mille abeilles Sur des grappes d'argent vibrent au long des treilles.
L'air est si beau qu'il paraît chatoyant ; Sous les midis profonds et radiants On dirait qu'il remue en roses de lumière ; Tandis qu'au loin, les routes coutumières Telles de lents gestes qui s'allongent vermeils, A l'horizon nacré, montent vers le soleil.
Certes, la robe en diamants du bel été Ne vêt aucun jardin d'aussi pure clarté. Et c'est la joie unique éclose en nos deux âmes, Qui reconnaît sa vie en ces bouquets de flammes.
Emile Verhaeren |
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| samedi 28 juin 2008, a 18:51 |
| rose... et Bon Week end ! |
C'était en juin, dans le jardin
C'était en juin, dans le jardin, C'était notre heure et notre jour ; Et nos yeux regardaient, avec un tel amour, Les choses, Qu'il nous semblait que doucement s'ouvraient Et nous voyaient et nous aimaient Les roses.
Le ciel était plus pur qu'il ne le fut jamais : Les insectes et les oiseaux Volaient dans l'or et dans la joie D'un air frêle comme la soie ; Et nos baisers étalent si beaux Qu'ils exaltaient et la lumière et les oiseaux.
On eût dit un bonheur qui tout à coup s'azure Et veut le ciel entier pour resplendir ; Toute la vie entrait, par de douces brisures, Dans notre être, pour le grandir.
Et ce n'étaient que cris invocatoires, Et fous élans et prières et voeux, Et le besoin, soudain, de recréer des dieux, Afin de croire.
Emile Verhaeren
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| lundi 23 juin 2008, a 23:48 |
| Poème du soir et bonne nuit ! |

« L'œil de Dieu »
Que tes yeux clairs, tes yeux d'été
Que tes yeux clairs, tes yeux d'été, Me soient, sur terre, Les images de la bonté.
Laissons nos âmes embrasées Revêtir d'or chaque flamme de nos pensées.
Que mes deux mains contre ton coeur Te soient, sur terre, Les emblèmes de la douceur.
Vivons pareils à deux prières éperdues L'une vers l'autre, à toute heure, tendues.
Que nos baisers sur nos bouches ravies Nous soient sur terre Les symboles de notre vie.
Emile Verhaeren
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| mercredi 11 juin 2008, a 23:40 |
| La nature en habit d'or... |
Je t'apporte ce soir
Je t'apporte, ce soir, comme offrande, ma joie D'avoir plongé mon corps dans l'or et dans la soie Du vent joyeux et franc et du soleil superbe ; Mes pieds sont clairs d'avoir marché parmi les herbes, Mes mains douces d'avoir touché le coeur des fleurs, Mes yeux brillants d'avoir soudain senti les pleurs Naître, sourdre et monter, autour de mes prunelles, Devant la terre en fête et sa force éternelle.
L'espace entre ses bras de bougeante clarté, Ivre et fervent et sanglotant, m'a emporté, Et j'ai passé je ne sais où, très loin, là-bas, Avec des cris captifs que délivraient mes pas. Je t'apporte la vie et la beauté des plaines ; Respire-les sur moi à franche et bonne haleine, Les origans ont caressé mes doigts, et l'air Et sa lumière et ses parfums sont dans ma chair.
Emile Verhaeren
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| vendredi 06 juin 2008, a 20:32 |
| Fleurs sauvages ... |
Je t'apporte ce soir ...
Je t'apporte, ce soir, comme offrande, ma joie D'avoir plongé mon corps dans l'or et dans la soie Du vent joyeux et franc et du soleil superbe ; Mes pieds sont clairs d'avoir marché parmi les herbes, Mes mains douces d'avoir touché le coeur des fleurs, Mes yeux brillants d'avoir soudain senti les pleurs Naître, sourdre et monter, autour de mes prunelles, Devant la terre en fête et sa force éternelle.
L'espace entre ses bras de bougeante clarté, Ivre et fervent et sanglotant, m'a emporté, Et j'ai passé je ne sais où, très loin, là-bas, Avec des cris captifs que délivraient mes pas. Je t'apporte la vie et la beauté des plaines ; Respire-les sur moi à franche et bonne haleine, Les origans ont caressé mes doigts, et l'air Et sa lumière et ses parfums sont dans ma chair.
Emile Verhaeren
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| samedi 05 avril 2008, a 23:06 |
| Bonne nuit ! |

Quand le ciel étoilé couvre notre demeure
Quand le ciel étoilé couvre notre demeure Nous nous taisons durant des heures Devant son feu intense et doux Pour nous sentir, plus fervemment, émus de nous.
Les grands astres d'argent tracent là-haut leur route ; Sous les flammes et les lueurs La nuit étend ses profondeurs Et le calme est si grand que l'océan l'écoute !
Mais qu'importe que se taise même la mer, Si dans l'espace immense et clair Plein d'invisible violence Nos coeurs battent si fort qu'ils font tout le silence !
Emile Verhaeren
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| dimanche 23 mars 2008, a 12:49 |
| Pâques |

Pâques
Au bord du toit, près des lucarnes, On a repeint les pigeonniers, Et les couleurs vives vacarment Depuis les seuils jusqu'aux greniers.
Et c'est le vert, le brun, le rouge, Sur les pignons, au bord de l'eau, Et tout cela se mire et bouge Dans la Lys, la Durme ou l'Escaut.
On bouleverse les cuisines : Des mains rudes, de larges bras Frottent les antiques bassines, L'écuelle usée et le pot gras.
Sur les linges, les draps, les taies, Qu'on sèche à l'air vierge et vermeil, Pleuvent, partout, le long des haies, Les ors mobiles du soleil.
Là-bas, au fond des cours, s'allument Faux et râteaux, coutres et socs; Comme de hauts bouquets de plumes Sur les fumiers luisent les coqs.
Pâques descend sur le village : Tout est lavé, même l'égout; Et l'on suspend l'oiseau en cage, Près de la porte, à l'ancien clou.
Émile Verhaeren |
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| vendredi 14 décembre 2007, a 23:27 |
| Bien que déjà ce soir |
Bien que déjà, ce soir
Bien que déjà, ce soir L'automne Laisse aux sentes et aux orées, Comme des mains dorées, Lentes, les feuilles choir, Bien que déjà l'automne, Ce soir, avec ses bras de vent, Moissonne, Sur les rosiers fervents Les pétales et leur pâleur, Ne laissons rien de nos deux âmes Tomber soudain avec ces fleurs.
Mais tous les deux, autour des flammes De l'âtre en or de souvenir, Mais tous les deux, blottissons-nous, Les mains au feu et les genoux.
Contre les deuils cachés dans l'avenir, Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin, Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin, Blottissons-nous, près du foyer, Que la mémoire en nous fait flamboyer.
Et si l'automne obère A grands pans d'ombre et d'orages planants, Les bois, les pelouses et les étangs, Que sa douleur du moins n'altère L'intérieur jardin tranquillisé, Où s'unissent, dans la lumière, Les pas égaux de nos pensées.
Emile Verhaeren
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| Présentation |  "On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Antoine de Saint Exupery
Bonjour,
Je vous remercie de passer me rendre visite, mais soyez indulgents , je ne suis qu'une novice... ( un peu moins quand même... ce blog vient de souffler sa première bougie ce 18 novembre !)
Je viens traîner mes galoches par ici, tout simplement pour partager avec vous mon engouement pour la poésie et la nature, pour "mon" île de Beauté, que j'ai abandonnée il y a quelques années pour la belle Provence...
Et sans défiance, je mets en ligne des sujets qui vont paraître disparates les uns des autres, mais qui ont cependant un point commun : notre terre et l'humain que nous nous devons de respecter ...
Pace e salute...
Lily
0 COMMENTAIRE(S) ?...Pourtant je sais que vous êtes passé(e) par là... L'air est encore embaumé de votre fragrance... Et sur le chemin de vos pas la trace...
Alors vous inconnu(e) qui me lisez ne restez pas ainsi dans l'anonymat... Juste une petite "bafouille"...
Merci...
sourire...
(*-*)
Si vous avez un blog, veuillez laisser votre adresse, je vous rendrai visite avec plaisir...
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