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Fiumorbu... des mots pour adoucir les maux... délicats pétales de fleurs déposés sur votre coeur...
dimanche 12 avril 2009, a 23:34
Pablo Neruda, les poètes disparus...

 

La branche volée

 

Dans la nuit nous allons entrer

voler une branche en fleur.

 

Nous allons franchir le mur,

dans les ténèbres du jardin de quelqu'un d'autre,

deux ombres dans l'ombre.

 

L'hiver n'est point parti encore

et l'on dirait que le pommier

brusquement s'est changé

en cascade d'étoiles parfumées.

 

Dans la nuit nous allons entrer

jusqu'à son tremblant firmament,

et tes petites mains avec les miennes

voleront les étoiles.

 

Alors, et en catimini,

chez nous,

dans l'ombre et dans la nuit,

entrera avec tes pas

le pas silencieux du parfum

et avec des pieds constellés

le corps lumineux du printemps.

 

Pablo Neruda

 

mercredi 08 avril 2009, a 23:33
Pablo Neruda, les poètes disparus

 

Tu joues tous les jours avec la lumière de l'univers.

Subtile visiteuse, tu viens sur la fleur et dans l'eau .

Tu es plus que cette blanche et petite tête que je presse

Comme une grappe entre mes mains chaque jour.

 

Tu ne ressembles à personne depuis que je t'aime.

Laisse-moi t'étendre parmi les guirlandes jaunes.

Qui inscrit ton nom avec des lettres de fumée parmi les étoiles du sud ?

Ah laisse-moi me souvenir comment tu étais alors, quand tu n'existais pas encore. 

 

Soudain le vent hurle et cogne à ma fenêtre close .

Le ciel est un filet chargé de sombres poissons.

Ici viennent frapper tous les vents, tous.

La pluie se dévêt.

 

Les oiseaux passent en fuite.

Le vent. Le vent.

Je ne peux lutter que contre la force des hommes.

La tempête entourbillonne d'obscures feuilles

et libère toutes les barques qu'hier soir on amarra au ciel.

 

Toi tu es ici. Ah toi tu ne fuis pas.

Toi tu me répondras jusqu'au dernier cri.

Blottis-toi à mon côté comme si tu avais peur.

Pourtant une ombre étrange a parfois traversé tes yeux.

 

Maintenant, maintenant aussi, petite, tu m'apportes du chèvrefeuille,

et jusqu'à tes seins en sont parfumés.

Pendant que le vent triste galope en tuant des papillons

moi je t'aime, et ma joie mord ta bouche de prune.

 

Ce qu'il t'en aura coûté de t'habituer à moi,

à mon âme esseulée et sauvage, à mon nom que tous chassent.

Tant de fois nous avons vu s'embraser l'étoile du Berger en nous baisant les yeux

et sur nos têtes se détordre les crépuscules en éventails tournants.

Mes paroles ont plu sur toi en te caressant.

Depuis longtemps j'ai aimé ton corps de nacre ensoleillée.

 

Je te crois même reine de l'univers.

Je t'apporterai des fleurs joyeuses des montagnes, des copihues,

des noisettes foncées, et des paniers sylvestres de baisers.

 

Je veux faire avec toi

ce que le printemps fait avec les cerisiers.

 

Pablo Neruda

 

(Vingt poèmes d'amour, XIV)

mardi 29 juillet 2008, a 23:32
Pablo Neruda...

 

Je me souviens de toi telle que tu étais au dernier automne.
Tu étais le béret gris avec le cœur en paix.
Dans tes yeux se battaient les flammes du crépuscule . 
Et les feuilles tombaient sur l'eau de ton âme.

Enroulée à mes bras comme un volubilis,
Les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Foyer de stupeur là où ma soif flambait.
Douce jacinthe bleue incurvée sur mon âme.

Je sens tes yeux voyager et l'automne est distant ;

 béret gris, voix d'oiseau, et coeur de logis

 vers lesquels émigraient mes profonds désirs

et tombaient mes baisers joyeux comme des braises.

Ciel depuis un navire. Champ depuis les collines.
Ton souvenir est de lumière, de fumée, d'étang en paix !

Au-delà de tes yeux flambaient les crépuscules.

Des feuilles mortes d'automne tournoyaient dans ton âme.


Pablo Neruda

(Vingt poèmes d'amour, VI)

mardi 17 juin 2008, a 23:28
Coquelicot...

 

Petite brune et agile, le soleil qui fait les fruits,

Celui qui charge les blés, celui qui tord les algues,

Il fait ton corps joyeux, tes yeux lumineux

Et ta bouche qui a le sourire de l'eau ;

Un soleil noir et avide s'enroule dans les mèches

De ta noire crinière, quand tu étires les bras.

Toi tu joue avec le soleil comme un marais

Et il laisse dans tes yeux deux obscures mares.

Petite brune et agile, rien ne me rapproche de toi,

Tout m'éloigne de toi, comme du plein midi.

Tu es la délirante jeunesse de l'abeille,

l'ivresse de la vague, la force de l'épi.

Mon coeur sombre te cherche, pourtant,

et j'aime ton corps joyeux, ta voix libre et fine.

Papillon brun, doux et définitif

comme le champ de blé et le soleil, le coquelicot et l'eau.

 

Pablo Neruda

(XIX, Vingt poèmes d'amour)

 

 

mardi 03 juin 2008, a 23:31
Le vent

 

chagall-img-home.jpg

 

Le vent dans l'île

 

Le vent est un cheval;

écoute comme il court

à travers mer et ciel.

 

Pour m'emmener : écoute

comme il parcourt le monde

pour m'emmener au loin.

 

Cache-moi dans tes bras,

cette nuit solitaire,

tandis que la pluie blesse

à la mer, à la terre,

innombrable, sa bouche.

 

Entends comme le vent

m'appelle en galopant

pour m'emmener au loin.

 

Ton front contre  mon front,

ta bouche sur ma bouche,

nos  deux corps amarrés

à l'amour qui nous brûle,

laisse le vent passer,

qu'il ne m'emporte pas.

 

Laisse courir le vent

d'écume couronné,

qu'il m'appelle et me cherche

en galopant dans l'ombre,

tandis que moi, plongé

au fond de tes grands yeux,

cette nuit solitaire,

amour reposerai.

 

Pablo Neruda

 

 

 

mercredi 09 avril 2008, a 11:27
Poème

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Clic sur la photo!

 

 

 

Ton rire

 

Tu peux m'ôter le pain,
m'ôter l'air, si tu veux :
ne m'ôte pas ton rire.

  Ne m'ôte pas la rose,
le fer que tu égrènes
ni l'eau qui brusquement
éclate dans ta joie
ni la vague d'argent
qui déferle de toi.

  De ma lutte si dure
je rentre les yeux las
quelquefois d'avoir vu
la terre qui ne change
mais, dès le seuil, ton rire
monte au ciel, me cherchant
et ouvrant pour moi toutes
les portes de la vie.

  À l'heure la plus sombre
égrène, mon amour,
ton rire, et si tu vois
mon sang tacher soudain
les pierres de la rue,
ris : aussitôt ton rire
se fera pour mes mains
fraîche lame d'épée.

  Dans l'automne marin
fais que ton rire dresse
sa cascade d'écume,
et au printemps, amour,
que ton rire soit comme
la fleur que j'attendais,
la fleur guède, la rose
de mon pays sonore.

Moque-toi de la nuit,

du jour et de la lune,

moque-toi de ces rues

divagantes de l'île,

moque-toi de cet homme

amoureux maladroit,

mais lorsque j'ouvre, moi,

les yeux ou les referme,

lorsque mes pas s'en vont,

lorsque mes pas s'en viennent,

refuse-moi le pain,

l'air, l'aube, le printemps,
                                  mais ton rire jamais                                  

car alors j'en mourrais .

 

Pablo Neruda ( Les Vers du capitaine)

 

mercredi 20 février 2008, a 18:16
Pablo Neruda

104.Pommier%20en%20fleurs.jpg

 

Fleurs de Pommier
 
La branche volée
 
Dans la nuit nous allons entrer
voler une branche en fleur.
 
Nous allons franchir le mur,
dans les ténèbres du jardin de quelqu'un d'autre,
deux ombres dans l'ombre.
 
L'hiver n'est point parti encore
et l'on dirait que le pommier
brusquement s'est changé
en cascade d'étoiles parfumées.
 
Dans la nuit nous allons entrer
jusqu'à son tremblant firmament,
et tes petites mains avec les miennes
voleront les étoiles.
 
Alors, et en catimini,
chez nous,
dans l'ombre et dans la nuit,
entrera avec tes pas
le pas silencieux du parfum
et avec des pieds constellés
le corps lumineux du printemps.
 
Pablo Neruda
 
 

lundi 31 décembre 2007, a 01:09
Vingt poèmes d'amour, pablo neruda

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Copihue, fleur nationale du Chili
 
Tu joues tous les jours avec la lumière de l'univers.
Subtile visiteuse, tu viens sur la fleur et dans l'eau .
Tu es plus que cette blanche et petite tête que je presse
Comme une grappe entre mes mains chaque jour.
 
Tu ne ressembles à personne depuis que je t'aime.
Laisse-moi t'étendre parmi les guirlandes jaunes.
Qui inscrit ton nom avec des lettres de fumée parmi les étoiles du sud ?
Ah laisse-moi me souvenir comment tu étais alors, quand tu n'existais pas encore. 
 
Soudain le vent hurle et cogne à ma fenêtre close .
Le ciel est un filet chargé de sombres poissons.
Ici viennent frapper tous les vents, tous.
La pluie se dévêt.
 
Les oiseaux passent en fuite.
Le vent. Le vent.
Je ne peux lutter que contre la force des hommes.
La tempête entourbillonne d'obscures feuilles
et libère toutes les barques qu'hier soir on amarra au ciel.
 
Toi tu es ici. Ah toi tu ne fuis pas.
Toi tu me répondras jusqu'au dernier cri.
Blottis-toi à mon côté comme si tu avais peur.
Pourtant une ombre étrange a parfois traversé tes yeux.
 
Maintenant, maintenant aussi, petite, tu m'apportes du chèvrefeuille,
et jusqu'à tes seins en sont parfumés.
Pendant que le vent triste galope en tuant des papillons
moi je t'aime, et ma joie mord ta bouche de prune.
 
Ce qu'il t'en aura coûté de t'habituer à moi,
à mon âme esseulée et sauvage, à mon nom que tous chassent.
Tant de fois nous avons vu s'embraser l'étoile du Berger en nous baisant les yeux
et sur nos têtes se détordre les crépuscules en éventails tournants.
Mes paroles ont plu sur toi en te caressant.
Depuis longtemps j'ai aimé ton corps de nacre ensoleillée.
 
Je te crois même reine de l'univers.
Je t'apporterai des fleurs joyeuses des montagnes, des copihues,
des noisettes foncées, et des paniers sylvestres de baisers.
 
Je veux faire avec toi
ce que le printemps fait avec les cerisiers.
 
Pablo Neruda
 
(Vingt poèmes d'amour, XIV)

dimanche 30 décembre 2007, a 23:49
Vingt poèmes d'amour ...

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pour mon coeur suffit ta poitrine,
pour ta liberté suffisent mes ailes.
De ma bouche parviendra au ciel
ce qui était endormi sur ton âme.
 
Est en toi la joie naïve de chaque jour.
Tu sapes l'horizon par ton absence.
Eternellement en fugue comme la vague.
 
J'ai dit que tu chantais dans le vent
comme les pins et comme les mâts.
Comme eux tu es haute et taciturne.
Et tu t'attristes soudain, comme un voyage.
 
Accueillante comme un vieux chemin.
Tu es peuplée d'échos et de voix nostalgiques.
Je me suis éveillé et parfois émigrent et fuient
des oiseaux qui dormaient sur ton âme.
 
Pablo Neruda
 
(Vingt poèmes d'amour, XII)
 

dimanche 25 novembre 2007, a 23:50
Le chat en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
Babou
 
 
 
Ode au chat
 
L'homme se rêve poisson ou oiseau
le serpent voudrait avoir des ailes
le chien est un lion sans orientation
l'ingénieur désire être poète
la mouche étudie pour devenir hirondelle
le poète médite comment imiter la mouche
mais le chat
lui
ne veut qu'être chat
tout chat est chat
de la moustache à la queue
du frémissement à la souris vivante
du fond de la nuit à ses yeux d'or.
 
Pablo Neruda

Présentation
"On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Antoine de Saint Exupery

Bonjour,

Je vous remercie de passer me rendre visite, mais soyez indulgents , je ne suis qu'une novice... ( un peu moins quand même... ce blog vient de souffler sa première bougie ce 18 novembre !)
Je viens traîner mes galoches par ici, tout simplement pour partager avec vous mon engouement pour la poésie et la nature, pour "mon" île de Beauté, que j'ai abandonnée il y a quelques années pour la belle Provence...
Et sans défiance, je mets en ligne des sujets qui vont paraître disparates les uns des autres, mais qui ont cependant un point commun : notre terre et l'humain que nous nous devons de respecter ...
Pace e salute...
Lily

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Alors vous inconnu(e) qui me lisez ne restez pas ainsi dans l'anonymat... Juste une petite "bafouille"...
Merci...
sourire...
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