| samedi 10 octobre 2009, a 23:43 |
| Demi deuil et achillée... |

Le papillon
Le papillon veut se marier, et comme vous le pensez bien, il prétend choisir une fleur jolie entre toutes les fleurs.
Elles sont en grand nombre et le choix dans une telle quantité est embarrassant. Le papillon vole tout droit vers les pâquerettes. C'est une petite fleur que les Français nomment aussi marguerite.
Lorsque les amoureux arrachent ses feuilles, à chaque feuille arrachée ils demandent : - M'aime-t-il ou m'aime-t-elle un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ? La réponse de la dernière feuille est la bonne.
Le papillon l'interroge : - Chère dame Marguerite, dit-il, vous êtes la plus avisée de toutes les fleurs. Dites-moi, je vous prie, si je dois épouser celle-ci ou celle-là.
La marguerite ne daigna pas lui répondre. Elle était mécontente de ce qu'il l'avait appelée dame, alors qu'elle était encore demoiselle, ce qui n'est pas du tout la même chose. Il renouvela deux fois sa question, et, lorsqu'il vit qu'elle gardait le silence, il partit pour aller faire sa cour ailleurs. On était aux premiers jours du printemps. Les crocus et les perce-neige fleurissaient à l'entour.
- Jolies, charmantes fleurettes ! dit le papillon, mais elles ont encore un peu trop la tournure de pensionnaires. Comme les très jeunes gens, il regardait de préférence les personnes plus âgées que lui.
Il s'envola vers les anémones ; il les trouva un peu trop amères à son goût. Les violettes lui parurent trop sentimentales.
La fleur de tilleul était trop petite, et de plus, elle avait une trop nombreuse parenté.
La fleur de pommier rivalisait avec la rose, mais elle s'ouvrait aujourd'hui pour périr demain, et tombait au premier souffle du vent ; un mariage avec un être si délicat durerait trop peu de temps.
La fleur des pois lui plut entre toutes ; elle est blanche et rouge, fraîche et gracieuse ; elle a beaucoup de distinction, et en même temps, elle est bonne ménagère et ne dédaigne pas les soins domestiques. Il allait lui adresser sa demande, lorsqu'il aperçut près d'elle une cosse à l'extrémité de laquelle pendait une fleur desséchée : - Qu'est-ce cela ? fit-il. - C'est ma sœur, répondit Fleur des Pois. - Vraiment, et vous serez un jour comme cela ! s'écria le papillon qui s'enfuit.
Le chèvrefeuille penchait ses branches en dehors d'une haie ; il y avait là une quantité de filles toutes pareilles, avec de longues figures au teint jaune. - A coup sûr, pensa le papillon, il était impossible d'aimer cela.
Le printemps passa, et l'été après le printemps. On était à l'automne, et le papillon n'avait pu se décider encore. Les fleurs étalaient maintenant leurs robes les plus éclatantes ; en vain, car elles n'avaient plus le parfum de la jeunesse.
C'est surtout à ce frais parfum que sont sensibles les cœurs qui ne sont plus jeunes ; et il y en avait fort peu, il faut l'avouer, dans les dahlias et dans les chrysanthèmes.
Aussi le papillon se tourna-t-il en dernier recours vers la menthe. Cette plante ne fleurit pas, mais on peut dire qu'elle est fleur tout entière, tant elle est parfumée de la tête au pied ; chacune de ses feuilles vaut une fleur, pour les senteurs qu'elle répand dans l'air. «C'est ce qu'il me faut, se dit le papillon ; je l'épouse. » Et il fit sa déclaration.
La menthe demeura silencieuse et guindée, en l'écoutant. A la fin elle dit : - Je vous offre mon amitié, s'il vous plaît, mais rien de plus. Je suis vieille, et vous n'êtes plus jeune. Nous pouvons fort bien vivre l'un pour l'autre ; mais quant à nous marier ... sachons à notre âge éviter le ridicule.
C'est ainsi qu'il arriva que le papillon n'épousa personne. Il avait été trop long à faire son choix, et c'est une mauvaise méthode. Il devint donc ce que nous appelons un vieux garçon.
L'automne touchait à sa fin ; le temps était sombre, et il pleuvait. Le vent froid soufflait sur le dos des vieux saules au point de les faire craquer. Il n'était pas bon vraiment de se trouver dehors par ce temps-là ; aussi le papillon ne vivait-il plus en plein air.
Il avait par fortune rencontré un asile, une chambre bien chauffée où régnait la température de l'été. Il y eût pu vivre assez bien, mais il se dit : « Ce n'est pas tout de vivre ; encore faut-il la liberté, un rayon de soleil et une petite fleur. » Il vola vers la fenêtre et se heurta à la vitre.
On l'aperçut, on l'admira, on le captura et on le ficha dans la boîte aux curiosités.
« Me voici sur une tige comme les fleurs, se dit le papillon. Certainement, ce n'est pas très agréable ; mais enfin on est casé : cela ressemble au mariage. » Il se consolait jusqu'à un certain point avec cette pensée.
« C'est une pauvre consolation », murmurèrent railleusement quelques plantes qui étaient là dans des pots pour égayer la chambre.
« Il n'y a rien à attendre de ces plantes bien installées dans leurs pots, se dit le papillon ; elles sont trop à leur aise pour être humaines. »

Hans Christian Andersen |
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| samedi 10 octobre 2009, a 23:43 |
| Demi deuil et achillée |
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| samedi 10 octobre 2009, a 23:42 |
| Vulcain et chardon doré... |
" Voici le Vulcain rapide
Qui vole comme un oiseau :
Son aile noire et splendide
Porte un grand ruban ponceau ..."
Gérard de Nerval (Bohême) |
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| vendredi 17 juillet 2009, a 23:37 |
| Théclade de l'acacia et scabieuse |
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| mardi 23 juin 2009, a 23:36 |
| Citron de Provence... |
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| samedi 23 mai 2009, a 12:27 |
| Argus bleu et immortelle... |
Les papillons du Détroit
Vous qui vivez de l'autre côté de la mer aux regards lumineux qui savez lire dans la ligne de la main les chemins du futur racontez-moi l'usure du temps et le secret des paroles ancestrales
J'ai vu dans mes rêves vos mains blanches écrire la transparence du lendemain sur les visages des voyageurs qui cachaient leurs larmes au moment du départ
J'entends encore le murmure des vagues se mêler au sel de vos sourires et le vent de l'Est caresser avec ses doigts vos chevelures
Dites-moi papillons du Détroit pourquoi nos jours passent devant nos yeux comme des étoiles filantes et notre vie est tellement courte très courte.
Mohamed El jerroudi
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| vendredi 22 mai 2009, a 23:40 |
| Argus bleu et immortelle |
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| lundi 20 avril 2009, a 22:15 |
| Aurore de Provence... |
Le papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur, Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur, Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles, Voilà du papillon le destin enchanté! Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose, Et sans se satisfaire, effleurant toute chose, Retourne enfin au ciel chercher la volupté!
Alphonse de Lamartine
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| lundi 20 avril 2009, a 22:13 |
| Aurore de Provence |
Et çà et là - près d'un marais, D'un taillis, d'un pacage, auprès D'un ruisseau bordé de vieux aunes,
Le printemps s'annonce à vos yeux Avec le vol silencieux De beaux petits papillons jaunes.
Maurice Rollinat |
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| jeudi 12 février 2009, a 23:37 |
| Darwin Charles naissait il y a 200 ans... |
« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements. »
Charles Darwin
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| lundi 24 novembre 2008, a 22:29 |
| Fiumorbo en automne, hortensia et vulcain... |
Voici le "vulcain" rapide, Qui vole comme un oiseau : Son aile noire et splendide Porte un grand ruban ponceau. Dieux ! le "soufré", dans l'espace, Comme un éclair a relui... Mais le joyeux "nacré" passe, Et je ne vois plus que lui !
Comme un éventail de soie, Il déploie Son manteau semé d'argent ; Et sa robe bigarrée Est dorée D'un or verdâtre et changeant.
Gérard de Nerval (les papillons, extrait)
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| jeudi 23 octobre 2008, a 23:27 |
| Papillons, derniers de la saison... |
« Les papillons ne sont que des fleurs envolées un jour de fête où la nature était en veine d'invention et de fécondité. »
George Sand |
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| mercredi 16 juillet 2008, a 23:20 |
| Citron de Provence... |
«Le bonheur est comme un papillon : il vole sans jamais regarder en arrière.»
Robert Lalonde
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| vendredi 11 juillet 2008, a 23:37 |
| Papillons dans mon jardin ce matin... |
Les papillons du Détroit
Vous qui vivez de l'autre côté de la mer aux regards lumineux qui savez lire dans la ligne de la main les chemins du futur racontez-moi l'usure du temps et le secret des paroles ancestrales
J'ai vu dans mes rêves vos mains blanches écrire la transparence du lendemain sur les visages des voyageurs qui cachaient leurs larmes au moment du départ
J'entends encore le murmure des vagues se mêler au sel de vos sourires et le vent de l'Est caresser avec ses doigts vos chevelures
Dites-moi papillons du Détroit pourquoi nos jours passent devant nos yeux comme des étoiles filantes et notre vie est tellement courte
très courte.
Mohamed El jerroudi
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| vendredi 11 juillet 2008, a 23:35 |
| papillon brun |
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| mardi 24 juin 2008, a 23:42 |
| Demi-deuil |
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| mercredi 18 juin 2008, a 23:46 |
| L'ocellé rubanné et bonne nuit à tous ! |
Le papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur, Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur, Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles, Voilà du papillon le destin enchanté! Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose, Et sans se satisfaire, effleurant toute chose, Retourne enfin au ciel chercher la volupté!
Alphonse de Lamartine
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| Présentation |  "On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Antoine de Saint Exupery
Bonjour,
Je vous remercie de passer me rendre visite, mais soyez indulgents , je ne suis qu'une novice... ( un peu moins quand même... ce blog vient de souffler sa première bougie ce 18 novembre !)
Je viens traîner mes galoches par ici, tout simplement pour partager avec vous mon engouement pour la poésie et la nature, pour "mon" île de Beauté, que j'ai abandonnée il y a quelques années pour la belle Provence...
Et sans défiance, je mets en ligne des sujets qui vont paraître disparates les uns des autres, mais qui ont cependant un point commun : notre terre et l'humain que nous nous devons de respecter ...
Pace e salute...
Lily
0 COMMENTAIRE(S) ?...Pourtant je sais que vous êtes passé(e) par là... L'air est encore embaumé de votre fragrance... Et sur le chemin de vos pas la trace...
Alors vous inconnu(e) qui me lisez ne restez pas ainsi dans l'anonymat... Juste une petite "bafouille"...
Merci...
sourire...
(*-*)
Si vous avez un blog, veuillez laisser votre adresse, je vous rendrai visite avec plaisir...
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