| dimanche 22 novembre 2009, a 23:56 |
| Automne, les feuilles mortes... |
Les feuilles mortes
Oh, je voudrais tant que tu te souviennes, Des jours heureux quand nous étions amis, Dans ce temps là, la vie était plus belle, Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, Tu vois je n'ai pas oublié. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, Les souvenirs et les regrets aussi, Et le vent du nord les emporte, Dans la nuit froide de l'oubli. Tu vois, je n'ai pas oublié, La chanson que tu me chantais...
C'est une chanson, qui nous ressemble, Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais. Nous vivions, tous les deux ensemble, Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais. Et la vie sépare ceux qui s'aiment, Tout doucement, sans faire de bruit. Et la mer efface sur le sable, Les pas des amants désunis. Nous vivions, tous les deux ensemble, Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais. Et la vie sépare ceux qui s'aiment, Tout doucement, sans faire de bruit. Et la mer efface sur le sable, Les pas des amants désunis...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, Les souvenirs et les regrets aussi Mais mon amour silencieux et fidèle Sourit toujours et remercie la vie Je t'aimais tant, tu étais si jolie, Comment veux-tu que je t'oublie ? En ce temps-là, la vie était plus belle Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui Tu étais ma plus douce amie Mais je n'ai que faire des regrets Et la chanson que tu chantais Toujours, toujours je l'entendrai !
Jacques Prevert |
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| mercredi 18 novembre 2009, a 22:52 |
| Rose blanche d'automne... |
Dans un parfum de roses blanches
Dans un parfum de roses blanches Elle est assise et songe ; Et l'ombre est belle comme s'il s'y mirait un ange.
Le soir descend, le bosquet dort ; Entre ses feuilles et ses branches, Sur le paradis bleu s'ouvre un paradis d'or.
Sur le rivage expire un dernier flot lointain. Une voix qui chantait, tout à l'heure, murmure. Un murmure s'exhale en haleine, et s'éteint.
Dans le silence il tombe des pétales...
Charles Van Lerberghe |
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| mercredi 18 novembre 2009, a 22:52 |
| Rose d'automne... |
En ces fleurs que le soir mélancolique étale, C'est l'âme des printemps fanés qui, pour un jour, Remonte, et de corolle en corolle s'exhale, Comme soupirs de rêve et sourires d'amour...
Nérée Beauchemin
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| mercredi 18 novembre 2009, a 22:52 |
| Rose d'automne... |
...Tardives floraisons du jardin qui décline, Vous avez la douceur exquise et le parfum Des anciens souvenirs, si doux, malgré l'épine De l'illusion morte et du bonheur défunt.
Nérée Beauchemin |
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| mardi 17 novembre 2009, a 23:36 |
| Au coeur d'une rose... |
La coquette et l'abeille
Chloé, jeune, jolie, et surtout fort coquette, Tous les matins, en se levant, Se mettait au travail, j'entends à sa toilette ; Et là, souriant, minaudant, Elle disait à son cher confident Les peines, les plaisirs, les projets de son âme. Une abeille étourdie arrive en bourdonnant. Au secours ! Au secours ! Crie aussitôt la dame : Venez, Lise, Marton, accourez promptement ; Chassez ce monstre ailé. Le monstre insolemment Aux lèvres de Chloé se pose. Chloé s'évanouit, et Marton en fureur Saisit l'abeille et se dispose A l'écraser. Hélas ! Lui dit avec douceur L'insecte malheureux, pardonnez mon erreur ; La bouche de Chloé me semblait une rose, Et j'ai cru... ce seul mot à Chloé rend ses sens. Faisons grâce, dit-elle, à son aveu sincère : D'ailleurs sa piqûre est légère ; Depuis qu'elle te parle, à peine je la sens. Que ne fait-on passer avec un peu d'encens !
Jean Pierre Claris de Florian
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| lundi 16 novembre 2009, a 23:39 |
| Au bord de l'eau... Bonne nuit ! |
Promenade à l'étang
Le calme des jardins profonds s'idéalise. L'âme du soir s'annonce à la tour de l'église ; Ecoute, l'heure est bleue et le ciel s'angélise.
A voir ce lac mystique où l'azur s'est fondu, Dirait-on pas, ma soeur, qu'un grand coeur éperdu En longs ruisseaux d'amour, là-haut, s'est répandu ?
L'ombre lente a noyé la vallée indistincte. La cloche, au loin, note par note, s'est éteinte, Emportant comme l'âme frêle d'une sainte.
L'heure est à nous ; voici que, d'instant en instant, Sur les bois violets au mystère invitant Le grand manteau de la Solitude s'étend.
L'étang moiré d'argent, sous la ramure brune, Comme un coeur affligé que le jour importune, Rêve à l'ascension suave de la lune...
Je veux, envelopper de tes yeux caressants, Je veux cueillir, parmi les roseaux frémissants, La grise fleur des crépuscules pâlissants.
Je veux au bord de l'eau pensive, ô bien-aimée, A ta lèvre d'amour et d'ombre parfumée Boire un peu de ton âme, à tout soleil fermée.
Les ténèbres sont comme un lourd tapis soyeux, Et nos deux coeurs, l'un près de l'autre, parlent mieux Dans un enchantement d'amour silencieux.
Comme pour saluer les étoiles premières, Nos voix de confidence, au calme des clairières, Montent, pures dans l'ombre, ainsi que des prières.
Et je baise ta chair angélique aux paupières.
Albert Samain |
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| dimanche 08 novembre 2009, a 11:01 |
| Fiumorbo en Automne ...Bon dimanche à toutes et tous ! |
Automne, colchiques dans les prés
Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été.
La feuille d'automne emportée par le vent En ronde monotone tombe en tourbillonnant.
Châtaignes dans les bois, se fendent, se fendent, Châtaignes dans les bois, se fendent sous nos pas.
La feuille d'automne emportée par le vent En ronde monotone tombe en tourbillonnant
Nuages dans le ciel, s'étirent, s'étirent Nuages dans le ciel s'étirent comme une aile
La feuille d'automne emportée par le vent En ronde monotone, tombe en tourbillonnant
Et ce chant dans mon coeur, murmure, murmure Et ce chant dans mon coeur appelle le bonheur.
Francine Cockenpot |
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| dimanche 25 octobre 2009, a 23:04 |
| Carotte sauvage... |
La chanson de la fleur
Je suis un mot gentil dit et répété Par la voix de la Nature ; Je suis une étoile tombée de la Tente bleue sur le tapis vert. Je suis la fille des éléments Avec lesquels l'Hiver a procréé ; A qui le Printemps a donné naissance ; je fus Érigée dans le giron de l'Été et je Me suis endormie dans le lit de l'Automne.
A l'aube, je m'unis à la brise Pour annoncer la venue de la lumière ; Le soir, je rejoins les oiseaux Dans leur salut à la lumière.
Les plaines sont ornées de Mes belles couleurs, et l'air Est embaumé par mon parfum.
Quand j'étreins le Soleil, les yeux de La nuit me regardent, et quand je M'éveille, je regarde le Soleil, qui est L'œil unique du jour.
Je bois la rosée comme du vin, je prête l'oreille Aux voix des oiseaux et je danse Sur le mouvement rythmé de l'herbe.
Je suis le cadeau de l'amant ; Je suis la guirlande des noces ; Je suis le souvenir d'un moment de bonheur ; Je suis le dernier cadeau du vivant au mort ; Je suis une part de joie et une part de chagrin.
Mais je regarde vers le haut pour ne voir que la lumière, Et ne regarde jamais vers le bas pour voir mon ombre, C'est une sagesse que l'homme devrait apprendre.
Khalil Gibran |
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| dimanche 25 octobre 2009, a 23:02 |
| Pâquerette... |
Amour
La paquerette à l'aurore vermeille A fait sécher ses pleurs. Viens avec moi pour orner ta corbeille Des plus tendres couleurs. Jeune fille aux yeux noirs, oui, bien plus que moi-même, O ! je t'aime, je t'aime...
Charles Levesque |
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| samedi 17 octobre 2009, a 23:41 |
| Nuages... et bonne nuit ! |
Les nuages
O nuages aimés! Vous vers qui, tout enfant, Je bondissais saisi d'une joie éperdue, Fleurs de l'azur, voiliers légers de l'étendue, Clairs troupeaux que rassemble et disperse le vent!
Vous qui montez, ainsi qu'un choeur d'Océanides, Du seuil tumultueux des flots ensoleillés Dans le grand ciel rempli d'effluves printaniers; Vous qui portez la vie en vos formes splendides!
Virginité des jours sereins, blancs vagabonds, Ondoyantes vapeurs que la vallée exhale, Vous qu'entraîne à son gré la brise matinale Et dont les clairs lambeaux flottent aux flancs des monts.
Vous entre tous, amour des âmes nostalgiques, Beaux nuages ardents de notre arrière-été, Qui, le soir, évoquez, dans la calme clarté, On ne sait quel pays aux profondeurs magiques!
Vous enfin, messagers paisibles du soleil, Duvet aérien qu'un premier reflet dore, Effeuillement lointain des roses de l'aurore, Flocons de pourpre épars dans l'orient vermeil!
Passants légers vêtus d'azur, d'or ou de flammes, Que suivaient autrefois mes rêves ingénus, Un jour viendra peut-être, ô divins inconnus, Où votre grâce seule enchantera les âmes!
La terre, que vêtit, en des temps fortunés, L'immense et virginal frisson de la verdure, Dépouille peu à peu son antique parure; Un jour brutal descend dans ses flancs profanés.
Quand rien ne restera de ses splendeurs sauvages, Et que l'homme, gardant son rêve de beauté, Verra partout l'horreur d'un monde dévasté, Ses yeux se lèveront vers vous, libres nuages.
Fernand Severin
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| samedi 17 octobre 2009, a 23:41 |
| Nuages |
"Là-bas, sur mon front passent les nuages. Qu'ils sont beaux, mon âme ! et qu'ils sont légers, Ces lointains amis des calmes bergers ! S'en vont-ils portant de divins messages, Ces blancs messagers ?..."
Léon Dierx
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| mercredi 14 octobre 2009, a 23:09 |
| Salsepareille, un bouquet parfumé pour vous qui par là passez... |
Green
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous. Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.
J'arrive tout couvert encore de rosée Que le vent du matin vient glacer à mon front. Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête Toute sonore encor de vos derniers baisers; Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête. Et que je dorme un peu puisque vous reposez.
Paul Verlaine
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| dimanche 04 octobre 2009, a 23:34 |
| Voilier... |
Comme un voilier
Je suis debout au bord de la plage. Un voilier passe dans la brise du matin, Et part vers l'océan. Il est la beauté, il est la vie. Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
Quelqu'un à mon côté dit : « Il est parti ! »
Parti vers où ? Parti de mon regard, c'est tout ! Son mât est toujours aussi haut, sa coque a toujours la force de porter Sa charge humaine. Sa disparition totale de ma vue est en moi, Pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un près de moi Dit : « Il est parti ! » il y en a d'autres qui le voyant poindre à l'horizon Et venir vers eux s'exclament avec joie : « Le voilà ! »
C'est ça la mort ! Il n'y a pas de morts. Il y a des vivants sur les deux rives.
William Blake
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| vendredi 25 septembre 2009, a 23:44 |
| Coucher de soleil... |
Soleils couchants
Une aube affaiblie Verse par les champs La mélancolie Des soleils couchants. La mélancolie Berce de doux chants Mon coeur qui s'oublie Aux soleils couchants. Et d'étranges rêves Comme des soleils Couchants sur les grèves, Fantômes vermeils, Défilent sans trêves, Défilent, pareils À des grands soleils Couchants sur les grèves.
Paul Verlaine |
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| mercredi 23 septembre 2009, a 23:51 |
| Chisa, au bord de l'eau... |
Bittô
... Voici qu'on voit venir, le soleil sur les yeux, La petite Bittô, la danseuse aux crotales ; La blancheur du chemin plaît à ses pieds joyeux Que la poussière brûle au travers des sandales.
Son voile est de lin vert comme un nouveau raisin, Sa robe est attachée à son épaule frêle, La beauté du matin enorgueillit son sein Et son coeur est content comme une sauterelle.
Ses boîtes de parfums et son petit miroir Font un bruit de cailloux au fond de sa corbeille ; Elle danse en marchant et s'amuse de voir Des bords de chaque fleur s'envoler des abeilles.
- Ah ! Bittô, quel désir mène tes pieds distraits Aux dangereux sentiers de la campagne ardente ? D'invisibles Érôs habitent les forêts, Et des poisons subtils montent du coeur des plantes.
Retourne te mêler aux travaux du matin, Car l'heure de midi promptement s'achemine, Ou bien va regarder dans ton petit jardin Si la nuit a mûri les vertes aubergines...
Mais, rieuse et nouant ses deux mains à son cou, Bittô n'écoute pas les prudentes paroles ; Le vent joueur s'enroule autour de ses genoux Et fait un bruit soyeux comme un ruban qui vole.
Le baume végétal qui flotte dans l'air bleu Enduit d'un miel léger son âme complaisante Elle vient, au travers des épis onduleux, S'asseoir près d'un étang où rêve l'eau luisante.
Avides de s'unir au glorieux été, La pivoine touffue et l'anémone rose Se pâment de désir et semblent rejeter Le lâche vêtement des corolles décloses.
- Quelle silencieuse et palpitante ardeur Rôde autour de vos pieds, vous guette et vous accueille, Bittô ? Le soleil gonfle et mûrit votre coeur ; Votre coeur est tremblant comme un buisson de feuilles.
Du flanc de la colline où le cassis bleuit, Voici Criton qui vient faire boire ses chèvres A l'étang où Bittô, sous la feuille qui luit, S'amuse à retenir l'eau vive entre ses lèvres.
Il s'est approché d'elle, il lui dit : " Ma Bittô, Prends ce fromage, blanc et rond comme la lune, La noix que j'ai sculptée au bout de mon couteau Et le panier de jonc où je mettais mes prunes. "
Il lui fait de hardis et timides serments, Il l'entoure, il la presse, il tient ses mains, il joue... - Et Bittô, déjà lasse et faible infiniment, Se couche dans ses bras et lui baise la joue...
Anna de Noailles |
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| lundi 20 juillet 2009, a 23:34 |
| Les poètes disparus... |
Les greniers
Sous le manteau des toits s'étalaient les greniers Larges, profonds, avec de géantes lignées De solives en croix, de poutres, de sommiers, D'où pendaient à ses fils un peuple d'araignées.
Les récoltes en tas s'y trouvaient alignées : Les froments par quintaux, les seigles par paniers, Les orges, de clarté poussiéreuse baignées, L'avoine et le colza par monceaux réguliers.
Un silence profond et lourd, tel une mare, S'étendait sur les grains que coupait de sa barre Et de ses lames d'or le soleil de juillet.
Au reste les souris toutes se tenaient coites, Les museaux enfoncés dans leurs niches étroites, Tandis que sur un van le grand chat blanc veillait.
Emile Verhaeren |
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| dimanche 19 juillet 2009, a 23:54 |
| Cigale... |
La cigale
Le soleil fendille la terre, Aucun bruit ne trouble les champs ; On n'entend plus les joyeux chants Des oiseaux qui chantaient naguère. Tous par la chaleur assoupis Sous les buissons se sont tapis. Seule une cigale est sur l'aire.
Son ventre sonore se meut ; Sur une gerbe elle est posée ; Seule elle n'est point épuisée Par l'astre à l'haleine de feu. Et la chanteuse infatigable Jette dans l'air brûlant et bleu Sa ritournelle interminable.
Marcel Pagnol |
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| dimanche 19 juillet 2009, a 23:49 |
| Chardon bleu... |
Voeux simples
Voir sans l'interroger s'écouler son destin, Accepter les chardons s'il en pousse en chemin, Croire que le fatal a décidé la pente Et faire simplement son devoir d'eau courante. Ah ! vivre ainsi, donner seulement ce qu'on a, Repousser le rayon que l'orgueil butina, N'avoir que robe en lin et chapelet de feuilles, Mais jouir en son plein de la figue qu'on cueille, Avoir comme une nonne un sentiment d'oiseau, Croire que tout est bon parce que tout est beau, Semer l'hysope franche et n'aimer que sa joie Parmi l'agneau de laine et la chèvre de soie.
Cecile Sauvage (Tandis que la terre tourne, ) |
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| vendredi 17 juillet 2009, a 23:37 |
| Laurier |
Le laurier du Generalife
Dans le Generalife, il est un laurier-rose, Gai comme la victoire, heureux comme l'amour. Un jet d'eau, son voisin, l'enrichit et l'arrose ; Une perle reluit dans chaque fleur éclose, Et le frais émail vert se rit des feux du jour.
Il rougit dans l'azur comme une jeune fille ; Ses fleurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair. On dirait, à le voir sous l'onde qui scintille, Une odalisque nue attendant qu'on l'habille, Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair.
Ce laurier, je l'aimais d'une amour sans pareille ; Chaque soir, près de lui, j'allais me reposer ; A l'une de ses fleurs, bouche humide et vermeille, Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille ! J'ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser...
Théophile Gautier |
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| jeudi 16 juillet 2009, a 23:53 |
| Roses et poème du soir... |
Dans la maison où notre amour a
voulu naître
Dans la maison où notre amour a voulu naître, Avec les meubles chers peuplant l'ombre et les coins, Où nous vivons à deux, ayant pour seuls témoins Les roses qui nous regardent par les fenêtres.
Il est des jours choisis, d'un si doux réconfort, Et des heures d'été, si belles de silence, Que j'arrête parfois le temps qui se balance, Dans l'horloge de chêne, avec son disque d'or.
Alors l'heure, le jour, la nuit est si bien nôtre Que le bonheur qui nous frôle n'entend plus rien, Sinon les battements de ton coeur et du mien Qu'une étreinte soudaine approche l'un de l'autre.
Emile Verhaeren |
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| mercredi 15 juillet 2009, a 23:41 |
| Coucher de soleil |
Le coucher de soleil romantique
Que le soleil est beau quand tout frais il se lève, Comme une explosion nous lançant son bonjour ! - Bienheureux celui-là qui peut avec amour Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !
Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon, Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite... - Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite, Pour attraper au moins un oblique rayon !...
charles Baudelaire
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| jeudi 09 juillet 2009, a 23:41 |
| Poème du soir.. |
Le coeur tremblant, la joue en feu
Le coeur tremblant, la joue en feu, J'emporte dans mes cheveux Tes lèvres encore tièdes. Tes baisers restent suspendus Sur mon front et mes bras nus Comme des papillons humides. Je garde aussi ton bras d'amant, Autoritaire enlacement, Comme une ceinture à ma taille.
Cécile Sauvage
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| lundi 29 juin 2009, a 00:37 |
| Arpège... |
Arpège
L'âme d'une flûte soupire Au fond du pare mélodieux ; Limpide est l'ombre où l'on respire Ton poème silencieux,
Nuit de langueur, nuit de mensonge, Qui pose d'un geste ondoyant Dans ta chevelure de songe La lune, bijou d'Orient.
Sylva, Sylvie et Sylvanire, Belles au regard bleu changeant, L'étoile aux fontaines se mire, Allez par les sentiers d'argent,
Allez vite, l'heure est si brève ! Cueillir au jardin des aveux Les coeurs qui se meurent du rêve De mourir parmi vos cheveux...
Albert Samain |
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| mardi 23 juin 2009, a 23:36 |
| Juin... |

C'était en juin dans le jardin
C'était en juin, dans le jardin, C'était notre heure et notre jour ; Et nos yeux regardaient, avec un tel amour, Les choses, Qu'il nous semblait que doucement s'ouvraient Et nous voyaient et nous aimaient Les roses.
Le ciel était plus pur qu'il ne le fut jamais : Les insectes et les oiseaux Volaient dans l'or et dans la joie D'un air frêle comme la soie ; Et nos baisers étaient si beaux Qu'ils exaltaient et la lumière et les oiseaux.
On eût dit un bonheur qui tout à coup s'azure Et veut le ciel entier pour resplendir ; Toute la vie entrait, par de douces brisures, Dans notre être, pour le grandir.
Et ce n'étaient que cris invocatoires, Et fous élans et prières et voeux, Et le besoin, soudain, de recréer des dieux, Afin de croire.
Emile Verhaeren |
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| dimanche 21 juin 2009, a 00:24 |
| L'été et l'amitié ! |
Solstice d'été
Amis de toute part reviendrai-je chez vous partager vos paroles. Vous m'êtes une fête sans cesse commencée. Avec vous je célèbre l'été qui se prolonge la moisson continue gardée au fond des soirs.
Amis de toute part je vous offre le feu ma soif et ce poème.
Max Alhau (l'été et l'amitié) |
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| dimanche 21 juin 2009, a 00:14 |
| Bonne fête à tous les papas ! |
Pour mon père
Mon père aimé, mon père à moi,
Toi qui me fais bondir
Sur tes genoux
Comme un chamois,
Que pourrais-je te dire
Que tu ne sais déjà ?
Il fait si doux
Quand ton sourire
Éclaire tout
Sous notre toit!
Je me sens fort, je me sens roi
Quand je marche à côté de toi.
Maurice Carème
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| dimanche 21 juin 2009, a 00:10 |
| Fête de la Musique, fêtons la Musique... |

Si dès l'aube on suit les lisières Du bois, abri des jeunes faons, Par l'âpre chemin dont les pierres Offensent les mains des enfants, A l'heure où le soleil s'élève, Où l'arbre sent monter la sève, La vallée est comme un beau rêve. La brume écarte son rideau. Partout la nature s'éveille ; La fleur s'ouvre, rose et vermeille ; La brise y suspend une abeille, La rosée une goutte d'eau !
Et dans ce charmant paysage Où l'esprit flotte, où l'oeil s'enfuit, Le buisson, l'oiseau de passage, L'herbe qui tremble et qui reluit, Le vieil arbre que l'âge ploie, Le donjon qu'un moulin coudoie, Le ruisseau de moire et de soie, Le champ où dorment les aïeux, Ce qu'on voit pleurer ou sourire, Ce qui chante et ce qui soupire, Ce qui parle et ce qui respire, Tout fait un bruit harmonieux !
Et si le soir, après mille errantes pensées, De sentiers en sentiers en marchant dispersées, Du haut de la colline on descend vers ce toit Qui vous a tout le jour, dans votre rêverie, Fait regarder en bas, au fond de la prairie, Comme une belle fleur qu'on voit ;
Et si vous êtes là, vous dont la main de flamme Fait parler au clavier la langue de votre âme ; Si c'est un des moments, doux et mystérieux, Ou la musique, esprit d'extase et de délire Dont les ailes de feu font le bruit d'une lyre, Réverbère en vos chants la splendeur de vos yeux...
Victor Hugo (Bièvre, extrait)
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| mardi 16 juin 2009, a 23:54 |
| Les poètes disparus... |
Souvenir vague ou les parenthèses
Nous étions, ce soir-là, sous un chêne superbe (Un chêne qui n'était peut-être qu'un tilleul) Et j'avais, pour me mettre à vos genoux dans l'herbe, Laissé mon rocking-chair se balancer tout seul.
Blonde comme on ne l'est que dans les magazines Vous imprimiez au vôtre un rythme de canot ; Un bouvreuil sifflotait dans les branches voisines (Un bouvreuil qui n'était peut-être qu'un linot).
D'un orchestre lointain arrivait un andante (Andante qui n'était peut-être qu'un flon-flon) Et le grand geste vert d'une branche pendante Semblait, dans l'air du soir, jouer du violon.
Tout le ciel n'était plus qu'une large chamarre, Et l'on voyait au loin, dans l'or clair d'un étang (D'un étang qui n'était peut-être qu'une mare) Des reflets d'arbres bleus descendre en tremblotant.
Et tandis qu'un espoir ouvrait en moi des ailes (Un espoir qui n'était peut-être qu'un désir), Votre balancement m'éventait de dentelles Que mes doigts au passage essayaient de saisir.
Votre chapeau de paille agitait sa guirlande Et votre col, d'un point de Gênes merveilleux (De Gênes qui n'était peut-être que d'Irlande), Se soulevait parfois jusqu'à voiler vos yeux.
Noir comme un gros paté sur la marge d'un texte Tomba sur votre robe un insecte, et la peur (Une peur qui n'était peut-être qu'un prétexte) Vous serra contre moi. - Cher insecte grimpeur !
L'ombre nous fit glisser aux chères confidences ; Et dans votre grand oeil plus tendre et plus hagard J'apercevais une âme aux profondes nuances (Une âme qui n'était peut-être qu'un regard).
Edmond Rostand |
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| samedi 13 juin 2009, a 23:43 |
| Mélitée orangée et ail à tête ronde... |
Ritournelle
Dans la plaine blonde et sous les allées, Pour mieux faire accueil au doux messidor, Nous irons chasser les choses ailées, Moi, la strophe, et toi, les papillons d'or.
Et nous choisirons les routes tentantes, Sous les saules gris et près des roseaux, Pour mieux écouter les choses chantantes, Moi, le rythme, et toi, le choeur des oiseaux.
Suivant tous les deux les rives charmées Que le fleuve bat de ses flots parleurs, Nous vous trouverons, choses parfumées, Moi, glanant des vers, toi, cueillant des fleurs.
Et l'amour, servant notre fantaisie, Fera, ce jour-là, l'été plus charmant : Je serai poète, et toi poésie ; Tu seras plus belle, et moi plus aimant.
François Coppée |
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| mercredi 10 juin 2009, a 00:18 |
| Le temps des cerises... |
Le temps des cerises
Quand nous en serons au temps des cerises, Et gai rossignol et merle moqueur Seront tous en fête. Les belles auront la folie en tête Et les amoureux du soleil au coeur. Quand nous en serons au temps des cerises, Sifflera bien mieux le merle moqueur.
Mais il est bien court, le temps des cerises, Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant Des pendants d'oreilles. Cerises d'amour aux robes pareilles Tombant sous la feuille en gouttes de sang. Mais il est bien court le temps des cerises, Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.
Quand vous en serez au temps des cerises, Si vous avez peur des chagrins d'amour Evitez les belles. Moi qui ne crains pas les peines cruelles, Je ne vivrai pas sans souffrir un jour. Quand vous en serez au temps des cerises, Vous aurez aussi des chagrins d'amour.
J'aimerai toujours le temps des cerises : C'est de ce temps-là que je garde au coeur Une plaie ouverte, Et dame Fortune, en m'étant offerte, Ne saurait jamais calmer ma douleur. J'aimerai toujours le temps des cerises Et le souvenir que je garde au coeur.
Jean Baptiste CLEMENT |
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| samedi 06 juin 2009, a 23:38 |
| Bonne fête maman, bonne fête à toutes les mamans! |
Il y a plus de fleurs Pour ma mère, en mon coeur, Que dans tous les vergers ;
Plus de merles rieurs Pour ma mère, en mon coeur, Que dans le monde entier ;
Et bien plus de baisers Pour ma mère, en mon coeur, Qu'on en pourrait donner.
Maurice Carême
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| mardi 02 juin 2009, a 23:51 |
| Chèvrefeuille sauvage |
Légende
Deux amants sont devenus arbres Pour avoir oublié le temps
Leurs pieds ont poussé dans la terre Leurs bras sont devenus des branches
Toutes ces graines qui s'envolent Ce sont leurs pensées emmêlées
La pluie ni le vent ni le gel Ne pourront pas les séparer
Ils ne forment qu'un seul tronc Dur et veiné comme du marbre
Et sur leurs bouches réunies Le chèvrefeuille à fait son nid.
Marcel Bealu
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| samedi 30 mai 2009, a 23:56 |
| Genêt |
Les genêts
Les genêts, doucement balancés par la brise, Sur les vastes plateaux font une boule d'or ; Et tandis que le pâtre à leur ombre s'endort, Son troupeau va broutant cette fleur qui le grise ;
Cette fleur qui le fait rêver d'amour, le soir, Quand il roule du haut des monts vers les étables, Et qu'il croise en chemin les grands boeufs vénérables Dont les doux beuglements appellent l'abreuvoir ;
cette fleur toute d'or, de lumière et de soie, En papillons posée au bout des brins menus, Et dont les lourds parfums semblent être venus De la plage lointaine où le soleil se noie...
Certes, j'aime les prés où chantent les grillons, Et la vigne pendue aux flancs de la colline, Et les champs de bleuets sur qui le blé s'incline, Comme sur des yeux bleus tombent des cheveux blonds.
Mais je préfère aux prés fleuris, aux grasses plaines, Aux coteaux où la vigne étend ses pampres verts, Les sauvages sommets de genêts recouverts, Qui font au vent d'été de si fauves haleines.
* * *
Vous en souvenez-vous, genêts de mon pays, Des petits écoliers aux cheveux en broussailles Qui s'enfonçaient sous vos rameaux comme des cailles, Troublant dans leur sommeil les lapins ébahis ?
Comme l'herbe était fraîche à l'abri de vos tiges ! Comme on s'y trouvait bien, sur le dos allongé, Dans le thym qui faisait, aux sauges mélangé, Un parfum enivrant à donner des vertiges !
Et quelle émotion lorsqu'un léger froufrou Annonçait la fauvette apportant la pâture, Et qu'en bien l'épiant on trouvait d'aventure Son nid plein d'oiseaux nus et qui tendaient le cou !
Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent, - Précoces braconniers, - de revenir souvent Tendre en vos corridors des lacets pour les merles.
* * *
Mais il fallut quitter les genêts et les monts, S'en aller au collège étudier des livres, Et sentir, loin de l'air natal qui vous rend ivres, S'engourdir ses jarrets et siffler ses poumons ;
Passer de longs hivers dans des salles bien closes, A regarder la neige à travers les carreaux, Éternuant dans des auteurs petits et gros, Et soupirant après les oiseaux et les roses ;
Et, l'été, se haussant sur son banc d'écolier, Comme un forçat qui, tout en ramant, tend sa chaîne, Pour sentir si le vent de la lande prochaine Ne vous apporte pas le parfum familier.
* * *
Enfin, la grille s'ouvre ! on retourne au village ; Ainsi que les genêts notre âme est tout en fleurs, Et dans les houx remplis de vieux merles siffleurs, On sent un air plus pur qui vous souffle au visage.
On retrouve l'enfant blonde avec qui cent fois On a jadis couru la forêt et la lande ; Elle n'a point changé, - sinon qu'elle est plus grande, Que ses yeux sont plus doux et plus douce sa voix.
" Revenons aux genêts ! - Je le veux bien ? " dit-elle. Et l'on va côte à côte, en causant, tout troublés Par le souffle inconnu qui passe sur les blés, Par le chant d'une source ou par le bruit d'une aile.
Les genêts ont grandi, mais pourtant moins que nous ; Il faut nous bien baisser pour passer sous leurs branches, Encore accroche-t-elle un peu ses coiffes blanches ; Quant à moi, je me mets simplement à genoux.
Et nous parlons des temps lointains, des courses folles, Des nids ravis ensemble, et de ces riens charmants Qui paraissent toujours si beaux aux coeurs aimants Parce que les regards soulignent les paroles.
Puis le silence ; puis la rougeur des aveux, Et le sein qui palpite, et la main qui tressaille, Au loin un tendre appel de ramier ou de caille... Comme le serpolet sent bon dans les cheveux !
Et les fleurs des genêts nous font un diadème ; Et, par l'écartement des branches, haut dans l'air. Paraît comme un point noir l'alouette au chant clair Qui, de l'azur, bénit le coin d'ombre où l'on aime !...
Ah ! de ces jours lointains, si lointains et si doux, De ces jours dont un seul vaut une vie entière, - Et de la blonde enfant qui dort au cimetière, - Genêts de mon pays, vous en souvenez-vous ?
François Fabié |
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| jeudi 14 mai 2009, a 23:34 |
| Rose... |
Les roses d'Ispahan
Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse, Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce, O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.
Ta lèvre est de corail, et ton rire léger Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce, Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger, Mieux que l'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.
Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse, La brise qui se joue autour de l'oranger Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce Ont un charme plus sûr que ton amour léger !
O Leïlah ! depuis que de leur vol léger Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce, Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger, Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse.
L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse, Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ; L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce, L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.
Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger, Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce, Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger, Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !
Charles-Marie Leconte de Lisle |
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| mercredi 06 mai 2009, a 20:08 |
| Cascade aux Encanaux et feuille de figuier... |
Au bord de l'eau
S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe, Le voir passer ;
Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace, Le voir glisser ;
A l'horizon, s'il fume un toit de chaume, Le voir fumer ;
Aux alentours, si quelque fleur embaume, S'en embaumer ;
Si quelque fruit, où les abeilles goûtent, Tente, y goûter ;
Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent, Chante, écouter...
Entendre au pied du saule où l'eau murmure L'eau murmurer ;
Ne pas sentir, tant que ce rêve dure, Le temps durer ;
Mais n'apportant de passion profonde Qu'à s'adorer ;
Sans nul souci des querelles du monde, Les ignorer ;
Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse, Sans se lasser,
Sentir l'amour, devant tout ce qui passe, Ne point passer !
René-François Sully Prudhomme |
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| dimanche 03 mai 2009, a 23:27 |
| Pierre de Ronsard, les poètes disparus... |
Ode à Cassandre
Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose Sa robe de pourpre au soleil, A point perdu cette vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place, Las, las ses beautés laissé choir ! O vraiment marâtre nature, Puisqu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que votre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez votre jeunesse : Comme à cette fleur, la vieillesse Fera ternir votre beauté.
Pierre de Ronsard
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| mardi 28 avril 2009, a 17:43 |
| Louis Aragon, les poètes disparus... |
Les lilas
Je rêve et je me réveille Dans une odeur de lilas De quel côté du sommeil T'ai-je ici laissé ou là
Je dormais dans ta mémoire Et tu m'oubliais tout bas Ou c'était l'inverse histoire Etais-je où tu n'étais pas
Je me rendors pour t'atteindre Au pays que tu songeas Rien n'y fait que fuir et feindre Toi tu l'as quitté déjà
Dans la vie ou dans le songe Tout a cet étrange éclat Du parfum qui se prolonge Et d'un chant qui s'envola
O claire nuit jour obscur Mon absente entre mes bras Et rien d'autre en moi ne dure Que ce que tu murmuras
Louis Aragon
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| vendredi 24 avril 2009, a 20:44 |
| Cassis, promenade dans les rochers... |
Promenade dans les rochers
La mer donne l'écume et la terre le sable. L'or se mêle à l'argent dans les plis du flot vert. J'entends le bruit que fait l'éther infranchissable, Bruit immense et lointain, de silence couvert.
Un enfant chante auprès de la mer qui murmure. Rien n'est grand, ni petit. Vous avez mis, mon Dieu, Sur la création et sur la créature Les mêmes astres d'or et le même ciel bleu.
Notre sort est chétif ; nos visions sont belles. L'esprit saisit le corps et l'enlève au grand jour. L'homme est un point qui vole avec deux grandes ailes, Dont l'une est la pensée et dont l'autre est l'amour.
Sérénité de tout ! majesté ! force et grâce ! La voile rentre au port et les oiseaux aux nids. Tout va se reposer, et j'entends dans l'espace Palpiter vaguement des baisers infinis.
Le vent courbe les joncs sur le rocher superbe, Et de l'enfant qui chante il emporte la voix. O vent ! que vous courbez à la fois de brins d'herbe ! Et que vous emportez de chansons à la fois !
Qu'importe ! Ici tout berce, et rassure, et caresse. Plus d'ombre dans le coeur ! plus de soucis amers ! Une ineffable paix monte et descend sans cesse Du bleu profond de l'âme au bleu profond des mers.
Victor Hugo (deuxième promenade)
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| vendredi 24 avril 2009, a 20:34 |
| Cassis, promenade dans les rochers... |
La mer brille comme une coquille On a envie de la pêcher La mer est verte La mer est grise Elle est d'azur Elle est d'argent et de dentelle
Paul Fort |
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| lundi 20 avril 2009, a 22:15 |
| Aurore de Provence... |
Le papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur, Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur, Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles, Voilà du papillon le destin enchanté! Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose, Et sans se satisfaire, effleurant toute chose, Retourne enfin au ciel chercher la volupté!
Alphonse de Lamartine
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| lundi 20 avril 2009, a 22:13 |
| Aurore de Provence |
Et çà et là - près d'un marais, D'un taillis, d'un pacage, auprès D'un ruisseau bordé de vieux aunes,
Le printemps s'annonce à vos yeux Avec le vol silencieux De beaux petits papillons jaunes.
Maurice Rollinat |
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| dimanche 12 avril 2009, a 23:34 |
| Pablo Neruda, les poètes disparus... |
La branche volée
Dans la nuit nous allons entrer
voler une branche en fleur.
Nous allons franchir le mur,
dans les ténèbres du jardin de quelqu'un d'autre,
deux ombres dans l'ombre.
L'hiver n'est point parti encore
et l'on dirait que le pommier
brusquement s'est changé
en cascade d'étoiles parfumées.
Dans la nuit nous allons entrer
jusqu'à son tremblant firmament,
et tes petites mains avec les miennes
voleront les étoiles.
Alors, et en catimini,
chez nous,
dans l'ombre et dans la nuit,
entrera avec tes pas
le pas silencieux du parfum
et avec des pieds constellés
le corps lumineux du printemps.
Pablo Neruda
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| samedi 11 avril 2009, a 23:15 |
| Joyeuses Pâques ! |
Oeufs de Pâques
Voici venir Pâques fleuries, Et devant les confiseries Les petits vagabonds s'arrêtent, envieux. Ils lèchent leurs lèvres de rose Tout en contemplant quelque chose Qui met de la flamme à leurs yeux.
Leurs regards avides attaquent Les magnifiques œufs de Pâques Qui trônent, orgueilleux, dans les grands magasins, Magnifiques, fermes et lisses, Et que regardent en coulisse Les poissons d'avril, leurs voisins.
Les uns sont blancs comme la neige. Des copeaux soyeux les protègent. Leurs flancs sont faits de sucre. Et l'on voit, à côté, D'autres, montrant sur leurs flancs sombres De chocolat brillant dans l'ombre, De tout petits anges sculptés.
Les uns sont petits et graciles, Il semble qu'il serait facile D'en croquer plus d'un à la fois ; Et d'autres, prenant bien leurs aises, Unis, simples, pansus, obèses, S'étalent comme des bourgeois.
Tous sont noués de faveurs roses. On sent que mille bonnes choses Logent dans leurs flancs spacieux L'estomac et la poche vides, Les pauvres petits, l'œil avide, Semblent les savourer des yeux.
Marcel Pagnol
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| samedi 11 avril 2009, a 23:15 |
| Pâques... |
Pâques
Au bord du toit, près des lucarnes, On a repeint les pigeonniers, Et les couleurs vives vacarment Depuis les seuils jusqu'aux greniers.
Et c'est le vert, le brun, le rouge, Sur les pignons, au bord de l'eau, Et tout cela se mire et bouge Dans la Lys, la Durme ou l'Escaut.
On bouleverse les cuisines : Des mains rudes, de larges bras Frottent les antiques bassines, L'écuelle usée et le pot gras.
Sur les linges, les draps, les taies, Qu'on sèche à l'air vierge et vermeil, Pleuvent, partout, le long des haies, Les ors mobiles du soleil.
Là-bas, au fond des cours, s'allument Faux et râteaux, coutres et socs; Comme de hauts bouquets de plumes Sur les fumiers luisent les coqs.
Pâques descend sur le village : Tout est lavé, même l'égout; Et l'on suspend l'oiseau en cage, Près de la porte, à l'ancien clou.
Émile Verhaeren
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| vendredi 10 avril 2009, a 23:31 |
| Pré fleuri et euphorbes... |
Viens, sur tes cheveux noirs...
Viens. Sur tes cheveux noirs jette un chapeau de paille. Avant l'heure du bruit, l'heure où chacun travaille, Allons voir le matin se lever sur les monts Et cueillir par les prés les fleurs que nous aimons. Sur les bords de la source aux moires assouplies, Les nénufars dorés penchent des fleurs pâlies, Il reste dans les champs et dans les grands vergers Comme un écho lointain des chansons des bergers, Et, secouant pour nous leurs ailes odorantes, Les brises du matin, comme des soeurs errantes, Jettent déjà vers toi, tandis que tu souris, L'odeur du pêcher rose et des pommiers fleuris.
Théodore de Banville |
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| mercredi 08 avril 2009, a 23:33 |
| Pablo Neruda, les poètes disparus |
Tu joues tous les jours avec la lumière de l'univers.
Subtile visiteuse, tu viens sur la fleur et dans l'eau .
Tu es plus que cette blanche et petite tête que je presse
Comme une grappe entre mes mains chaque jour.
Tu ne ressembles à personne depuis que je t'aime.
Laisse-moi t'étendre parmi les guirlandes jaunes.
Qui inscrit ton nom avec des lettres de fumée parmi les étoiles du sud ?
Ah laisse-moi me souvenir comment tu étais alors, quand tu n'existais pas encore.
Soudain le vent hurle et cogne à ma fenêtre close .
Le ciel est un filet chargé de sombres poissons.
Ici viennent frapper tous les vents, tous.
La pluie se dévêt.
Les oiseaux passent en fuite.
Le vent. Le vent.
Je ne peux lutter que contre la force des hommes.
La tempête entourbillonne d'obscures feuilles
et libère toutes les barques qu'hier soir on amarra au ciel.
Toi tu es ici. Ah toi tu ne fuis pas.
Toi tu me répondras jusqu'au dernier cri.
Blottis-toi à mon côté comme si tu avais peur.
Pourtant une ombre étrange a parfois traversé tes yeux.
Maintenant, maintenant aussi, petite, tu m'apportes du chèvrefeuille,
et jusqu'à tes seins en sont parfumés.
Pendant que le vent triste galope en tuant des papillons
moi je t'aime, et ma joie mord ta bouche de prune.
Ce qu'il t'en aura coûté de t'habituer à moi,
à mon âme esseulée et sauvage, à mon nom que tous chassent.
Tant de fois nous avons vu s'embraser l'étoile du Berger en nous baisant les yeux
et sur nos têtes se détordre les crépuscules en éventails tournants.
Mes paroles ont plu sur toi en te caressant.
Depuis longtemps j'ai aimé ton corps de nacre ensoleillée.
Je te crois même reine de l'univers.
Je t'apporterai des fleurs joyeuses des montagnes, des copihues,
des noisettes foncées, et des paniers sylvestres de baisers.
Je veux faire avec toi
ce que le printemps fait avec les cerisiers.
Pablo Neruda
(Vingt poèmes d'amour, XIV) |
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| lundi 06 avril 2009, a 23:07 |
| Printemps en habit rouge... |
La coccinelle
Elle me dit: «Quelque chose Me tourmente.» Et j'aperçus Son cou de neige, et dessus, Un petit insecte rose.
J'aurais dû, -- mais, sage ou fou, A seize ans, on est farouche, -- Voir le baiser sur sa bouche Plus que l'insecte à son cou.
On eût dit un coquillage; Dos rose et taché de noir. Les fauvettes pour nous voir Se penchaient dans le feuillage.
Sa bouche fraîche était là; Je me courbai sur la belle, Et je pris la coccinelle; Mais le baiser s'envola.
«Fils, apprends comme on me nomme», Dit l'insecte du ciel bleu, «Les bêtes sont au bon Dieu; Mais la bêtise est à l'homme.»
Victor Hugo
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| samedi 04 avril 2009, a 23:35 |
| Rose printemps... |
Le printemps jeune et bénévole
Le printemps jeune et bénévole Qui vêt le jardin de beauté Elucide nos voix et nos paroles Et les trempe dans sa limpidité.
La brise et les lèvres des feuilles Babillent, et lentement effeuillent En nous les syllabes de leur clarté.
Mais le meilleur de nous se gare Et fuit les mots matériels ; Un simple et doux élan muet Mieux que tout verbe amarre
Notre bonheur à son vrai ciel : Celui de ton âme, à deux genoux, Tout simplement, devant la mienne, Et de mon âme, à deux genoux, Très doucement, devant la tienne.
Emile Verhaeren |
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| jeudi 02 avril 2009, a 20:21 |
| Printemps... |
La noce des oiseaux
Les arbres se sont habillés de couleurs pastels, Jonquilles, crocus ont bravé la fraîcheur du temps, Que déjà, les oiseaux publient leurs noces dans le ciel. Neiges et froidures sont parties : " vive le Printemps ! "
Immense symphonie, où des millions de fleurs, Se mélangent en un jour, aux bourgeons de velours D'un coup de baguette magique : le ciel sort ses couleurs Pour éblouir nos yeux, il devient troubadour.
Dans un ballet de cabrioles fantastiques Les oiseaux dansent, s'accouplent et préparent leur nid, Guidés par une force invisible et mystique, Leur chant monte en hommage : au Maître de Symphonie.
Les oiseaux se sont embrassés sur les branches, Et des angelots coquins ont ajusté leurs flèches... Etrange ! tout ce que le Printemps en un jour change !
Les arbres se sont habillés de couleurs pastels, Tandis que sous leurs branches les amoureux de mèche, Se content fleurette quand roucoulent les tourterelles.
Jean-Claude Brinette |
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| Présentation |  "On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Antoine de Saint Exupery
Bonjour,
Je vous remercie de passer me rendre visite, mais soyez indulgents , je ne suis qu'une novice... ( un peu moins quand même... ce blog vient de souffler sa première bougie ce 18 novembre !)
Je viens traîner mes galoches par ici, tout simplement pour partager avec vous mon engouement pour la poésie et la nature, pour "mon" île de Beauté, que j'ai abandonnée il y a quelques années pour la belle Provence...
Et sans défiance, je mets en ligne des sujets qui vont paraître disparates les uns des autres, mais qui ont cependant un point commun : notre terre et l'humain que nous nous devons de respecter ...
Pace e salute...
Lily
0 COMMENTAIRE(S) ?...Pourtant je sais que vous êtes passé(e) par là... L'air est encore embaumé de votre fragrance... Et sur le chemin de vos pas la trace...
Alors vous inconnu(e) qui me lisez ne restez pas ainsi dans l'anonymat... Juste une petite "bafouille"...
Merci...
sourire...
(*-*)
Si vous avez un blog, veuillez laisser votre adresse, je vous rendrai visite avec plaisir...
*Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer sur la "main" quand vous déplacez la souris !
**Vous pouvez mettre sur pause le lecteur de musique, en cours, et selectionner une autre chanson si vous le souhaitez !
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