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Fiumorbu... des mots pour adoucir les maux... délicats pétales de fleurs déposés sur votre coeur...
vendredi 25 avril 2008, a 19:16
Bonne fête Marc !

Marc Chagall, clic
 
L 'amoureuse
 
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
 
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire
 
Paul Eluard

 

samedi 01 mars 2008, a 18:28
Les poètes disparus



mercredi 27 février 2008, a 18:58
Ma plus belle histoire d'amour...

236.jpg
 
Désiré François Laugée
 
 
Ma plus belle histoire d'amour
 
Du plus loin, que me revienne,
L'ombre de mes amours anciennes,
Du plus loin, du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j'avais quinze ans, à peine,
Cœur tout blanc, et griffes aux genoux,
Que ce furent, j'étais précoce,
De tendres amours de gosse,
Ou les morsures d'un amour fou,
Du plus loin qu'il m'en souvienne,
Si depuis, j'ai dit "je t'aime",
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,

C'est vrai, je ne fus pas sage,
Et j'ai tourné bien des pages,
Sans les lire, blanches, et puis rien dessus,
C'est vrai, je ne fus pas sage,
Et mes guerriers de passage,
A peine vus, déjà disparus,
Mais à travers leur visage,
C'était déjà votre image,
C'était vous déjà et le cœur nu,
Je refaisais mes bagages,
Et poursuivais mon mirage,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,

Sur la longue route,
Qui menait vers vous,
Sur la longue route,
J'allais le cœur fou,
Le vent de décembre,
Me gelait au cou,
Qu'importait décembre,
Si c'était pour vous,

Elle fut longue la route,
Mais je l'ai faite, la route,
Celle-là, qui menait jusqu'à vous,
Et je ne suis pas parjure,
Si ce soir, je vous jure,
Que, pour vous, je l'eus faite à genoux,
Il en eut fallu bien d'autres,
Que quelques mauvais apôtres,
Que l'hiver ou la neige à mon cou,
Pour que je perde patience,
Et j'ai calmé ma violence,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,

Les temps d'hiver et d'automne,
De nuit, de jour, et personne,
Vous n'étiez jamais au rendez-vous,
Et de vous, perdant courage,
Soudain, me prenait la rage,
Mon Dieu, que j'avais besoin de vous,
Que le Diable vous emporte,
D'autres m'ont ouvert leur porte,
Heureuse, je m'en allais loin de vous,
Oui, je vous fus infidèle,
Mais vous revenais quand même,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,

J'ai pleuré mes larmes,
Mais qu'il me fut doux,
Oh, qu'il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J'ai pleuré d'amour,
Vous souvenez-vous ?

Ce fut, un soir, en septembre,
Vous étiez venus m'attendre,
Ici même, vous en souvenez-vous ?
A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C'est là que j'ai compris, tout à coup,
J'avais fini mon voyage,
Et j'ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous...
 
Barbara
 
 

lundi 28 janvier 2008, a 23:47
L'arbre

 
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L'arbre
 
Imaginez un petit bois. Juste à la sortie de la ville.
Calme, vert et pas très dense.
Ensuite imaginez un arbre.
Pas n'importe lequel; mais un arbre centenaire qui a vu toutes sortes d'intempéries.
Posez cet arbre au centre de la forêt et écoutez la bise du matin...
 
Tahar Ben Jelloun
 
(les amandiers sont morts de leurs blessures, extrait).

dimanche 27 janvier 2008, a 00:13
Les poètes disparus...

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L'âme des poètes
 
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom de l'auteur
Sans savoir pour qui battait leur cœur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d'idées
On fait la la la la la la
La la la la la la

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
Un jour, peut-être, bien après moi
Un jour on chantera
Cet air pour bercer un chagrin
Ou quelque heureux destin
Fera-t-il vivre un vieux mendiant
Ou dormir un enfant
Ou, quelque part au bord de l'eau
Au printemps tournera-t-il sur un phono

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leur âme légère court encore dans les rues

Leur âme légère, c'est leurs chansons
Qui rendent gais, qui rendent tristes
Filles et garçons
Bourgeois, artistes
Ou vagabonds.

Longtemps, longtemps, longtemps
La la la...
 
Charles Trenet

 

Un humble hommage à nos poètes disparus et éternellement présents...


samedi 26 janvier 2008, a 17:07
Les poètes disparus...

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Les étrangers
 
Regarde-la ta voile elle a les seins gonflés
La marée de tantôt te l'a déshabillée
Les bateaux comme les filles ça fait bien des chichis
Mais ce genre de bateau ça drague pas dans Paris

T'as les yeux de la mer et la gueule d'un bateau
Les marins c'est marrant même à terre c'est dans l'eau
Ta maman a piqué sur ta tête de vieux chien
Deux brillants que tu mets quand t'embarques ton destin

C'est pas comme en avril en avril soixante-huit
Lochu tu t'en souviens la mer on s'en foutait
On était trois copains avec une tragédie
Et puis ce chien perdu tout prêt à s'suicider

Quand la mer se ramène avec des étrangers
Homme ou chien c'est pareil on les r'garde naviguer
Et dans les rues d'Lorient ou d'Brest pour les sauver
Y a toujours un marin qui rallume son voilier

Regarde-la ta quille à la mer en allée
La marée de tantôt te l'a tout enjupée
Les bateaux comme les filles ça fait bien du chiqué
Mais quand on s'fout à l'eau faut savoir naviguer

T'as le cœur comme ces rocs vêtus de Chantilly
Quand la tempête y a fait un shampooing dans la nuit
Ta maman t'a croché deux ancres aux doigts de chair
Et les lignes de ta main ça s'lit au fond d'la mer

C'est pas comme en avril en avril soixante-huit
Lochu tu t'en souviens dans ces rues de l'emmerde
On était trois copains au bout de mille nuits
Et le jour qui s'pointait afin que rien ne s'perde

Quand la mer se ramène avec des étrangers
En Bretagne y a toujours la crêperie d'à côté
Et un marin qui t'file une bonne crêpe en ciment
Tellement il y a fourré des tonnes de sentiments

Regarde-la ta barre comme de la Pop musique
Ça fait un vrai bordel chez les maquereaux très chics
La mer a ses anglais avec le drapeau noir
On dirait Soixante-huit qui s'en r'vient du trottoir

Ma maman m'a cousu une gueule de chimpanzé
Si t'as la gueule d'un bar j'm'appelle Pépée Ferré
C'est pas comme en avril en avril de mon cul
Dans ce bar endossé au destin de la rue

Et c'est pas comme demain en l'An de l'An Dix mille
Lochu tu t'en souviens c'était beau dans c'temps-là
La mer dans les Soleils avec ou bien sans quille
Un bateau dans les dents des étoiles dans la voix

Et quand on se ram'nait avec nos Galaxies
Ça faisait un silence à vous mourir d'envie
Et les soirs d'illusion avec la nuit qui va
Dans Brest ou dans Lorient on pleure et on s'en va

L'An Dix mille... Lochu ? Tu t'rappelles ?
L'An Dix mille... Tu t'rappelles ? Lochu ?
L'An Dix mille, l'An Dix mille, l'An Dix mille...
 
Léo Ferré

samedi 26 janvier 2008, a 16:41
Les poètes disparus...

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les copains d'abord
 
Non, ce n'était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu'on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord

Ses fluctuat nec mergitur
C'était pas d'la littérature
N'en déplaise aux jeteurs de sort
Aux jeteurs de sort
Son capitaine et ses mat'lots
N'étaient pas des enfants d'salauds
Mais des amis franco de port
Des copains d'abord

C'étaient pas des amis de luxe
Des petits Castor et Pollux
Des gens de Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boétie
Sur le ventre ils se tapaient fort
Les copains d'abord

C'étaient pas des anges non plus
L'Évangile, ils l'avaient pas lu
Mais ils s'aimaient toutes voiles dehors
Toutes voiles dehors
Jean, Pierre, Paul et compagnie
C'était leur seule litanie
Leur credo, leur confiteor
Aux copains d'abord

Au moindre coup de Trafalgar
C'est l'amitié qui prenait l'quart
C'est elle qui leur montrait le nord
Leur montrait le nord
Et quand ils étaient en détresse
Qu'leurs bras lançaient des S.O.S.
On aurait dit des sémaphores
Les copains d'abord

Au rendez-vous des bons copains
Y avait pas souvent de lapins
Quand l'un d'entre eux manquait à bord
C'est qu'il était mort
Oui, mais jamais, au grand jamais
Son trou dans l'eau n'se refermait
Cent ans après, coquin de sort
Il manquait encore

Des bateaux j'en ai pris beaucoup
Mais le seul qui ait tenu le coup
Qui n'ait jamais viré de bord
Mais viré de bord
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord
 
Georges Brassens (paroles et musique, 1964)

samedi 26 janvier 2008, a 16:22
Les poètes disparus...

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Voir un ami pleurer
 
Bien sûr il y a les guerres d'Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr tout ce manque de tendres
Il n'y a plus d'Amérique
Bien sûr l'argent n'a pas d'odeur
Mais pas d'odeur me monte au nez
Bien sûr on marche sur les fleurs
Mais voir un ami pleurer!

Bien sûr il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Nos corps inclinent déjà la tête
Étonnés d'être encore debout
Bien sûr les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr nos cœurs perdent leurs ailes
Mais mais voir un ami pleurer!

Bien sûr ces villes épuisées
Par ces enfants de cinquante ans
Notre impuissance à les aider
Et nos amours qui ont mal aux dents
Bien sûr le temps qui va trop vite
Ces métro remplis de noyés
La vérité qui nous évite
Mais voir un ami pleurer!

Bien sûr nos miroirs sont intègres
Ni le courage d'être juifs
Ni l'élégance d'être nègres
On se croit mèche on n'est que suif
Et tous ces hommes qui sont nos frères
Tellement qu'on n'est plus étonnés
Que par amour ils nous lacèrent
Mais voir un ami pleurer!
 
Jacques Brel

vendredi 25 janvier 2008, a 23:46
C'est beau la vie...

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 Lever de soleil en Corse

 
C'est beau la vie

Le vent dans tes cheveux blonds
Le soleil à l'horizon
Quelques mots d'une chanson
Que c'est beau, c'est beau la vie
Un oiseau qui fait la roue
Sur un arbre déjà roux
Et son cri par-dessus tout
Que c'est beau, c'est beau la vie
Tout ce qui tremble et palpite
Tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j'ai cru trop vite
A jamais perdu pour moi
Pouvoir encore regarder
Pouvoir encore écouter
Et surtout pouvoir chanter
Que c'est beau, c'est beau la vie
Le jazz ouvert dans la nuit
Sa trompette qui nous suit
Dans une rue de Paris
Que c'est beau, c'est beau la vie
La rouge fleur éclatée
D'un néon qui fait trembler
Nos deux ombres étonnées
Que c'est beau, c'est beau la vie
Tout ce que j'ai failli perdre
Tout ce qui m'est redonné
Aujourd'hui me monte aux lèvres
En cette fin de journée
Pouvoir encore partager
Ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé
Que c'est beau, c'est beau la vie
Pouvoir encore te parler
Pouvoir encore t'embrasser
Te le dire et le chanter
Oui c'est beau, c'est beau la vie
 
Jean Ferrat

vendredi 25 janvier 2008, a 23:25
c'est beau la vie

Superbes paroles et vidéo...



mercredi 23 janvier 2008, a 23:30
Crépuscule

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mon bras pressait ta taille frêle...
 
Mon bras pressait ta taille frêle
Et souple comme le roseau ;
Ton sein palpitait comme l'aile
D'un jeune oiseau.

Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s'éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes ?
Amour ! Amour !

Comme un ange qui se dévoile,
Tu me regardais, dans ma nuit,
Avec ton beau regard d'étoile,
Qui m'éblouit.
 
Victor Hugo

jeudi 17 janvier 2008, a 23:02
Rabindranàth Tagore

 

 

 

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Rabindranath Tagore (Calcutta 1861-1941), grand poète Indien.

A sa naissance, son père déclara magnifiquement: « Il s'appelera Robindra, le soleil. Comme lui, il ira par le monde et le monde sera illuminé ».

Universel par son activité puisqu'il fut philosophe et critique, dramaturge et comédien, romancier et poète, en tout cent vingt volumes. Il laissera en outre deux mille chansons et trois mille peintures ou dessins .

Son père fut le «grand saint» Devendranâth Tagore (1817-1903),éminent philosophe, qui tenait la recherche de l'Absolu pour l'unique réalité de la vie.

 Dès l'enfance, Rabindranâth  vit donc dans un monde de sensibilité et de rêverie. Puis, au seuil de l'adolescence, l'enseignement de son père (qui quittait rarement sa retraite himalayenne) lui apporte la révélation de l'amour de la nature et de l'amour de Dieu; il découvrira l'Occident entre 1878 et 1880.

L'amour de l'humanité : Sa mère meurt quand il a quatorze ans. Une de ses belles-sœurs lui apporte la révélation de l'amour humain, qui doit communiquer avec l'amour de la nature et de Dieu. En 1884, le suicide de sa belle-sœur le bouleverse: dès lors, il apprend à renoncer à l'amour particulier pour mieux aimer la nature et Dieu, c'est-à-dire l'humanité tout entière. Entre 1901 et 1918, des événements tragiques s'abattent sur lui: sa femme, trois de ses enfants et son père meurent. Homme d'une grande sérénité, d'une vitalité débordante et d'une inlassable résignation devant Dieu, il a la volonté de  transformer sa souffrance en joie. Il veut découvrir le dieu de beauté dans la nature, dans le corps, dans la pensée, dans la parole, dans l'acte. Il veut que la vie devienne belle dans sa totalité.

La demeure de la paix: Tagore fonde, en 1901,  l'université libre de Cantiniketan, lieu de liberté et de joie au sein « de la grande fraternité des arbres ». Les versets de l'Offrande lyrique, écrits en 1912, apportent au monde un nouvel espoir et semblent défier l'effondrement du vieux monde: «Lorsque je jette mon regard tout autour, je rencontre les ruines d'une orgueilleuse civilisation qui s'écroulent et s'éparpillent en vastes amas de futilités. Pourtant je ne céderai pas au péché mortel de perdre confiance en l'homme: je fixerai plutôt mon regard vers le prologue d'un nouveau chapitre dans son histoire.»

Ses ouvrages: Souvenirs d'enfance, Navire d'or , Gora , Le Jardinier d'amour , La Jeune Lune, La Corbeille de fruits  ... Il obtient le Prix Nobel de littérature en 1913.

dimanche 13 janvier 2008, a 14:45
L'amitié

 

 

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Je dédie ces belles paroles à vous mes amis, réels ou virtuels... peu importe... vous vous reconnaîtrez sûrement... 
 
L'amitié
 
Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
Avec soleil et pluie comme simples bagages
Ils ont fait la saison des amitiés sincères
La plus belle saison des quatre de la terre

Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
Et la fidélité des oiseaux de passage
Dans leurs cœurs est gravée une infinie tendresse
Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse
Alors, ils viennent se chauffer chez moi
Et toi aussi tu viendras

Tu pourras repartir au fin fond des nuages
Et de nouveau sourire à bien d'autres visages
Donner autour de toi un peu de ta tendresse
Lorsqu'un autre voudra te cacher sa tristesse

Comme l'on ne sait pas ce que la vie nous donne
Il se peut qu'à mon tour je ne sois plus personne
S'il me reste un ami qui vraiment me comprenne
J'oublierai à la fois mes larmes et mes peines
Alors, peut-être je viendrai chez toi
Chauffer mon cœur à ton bois
 
Françoise Hardy
 

samedi 12 janvier 2008, a 12:01
Les roses...

Rosa x Thé moderne Windschoten - Présentation

 

Mon amie la rose

 

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
À l'aurore je suis née
Baptisée de rosée
Je me suis épanouie
Heureuse et amoureuse
Aux rayons de soleil
Me suis fermée la nuit
Me suis réveillée vieille

Pourtant j'étais très belle
Oui j'étais la plus belle
Des fleurs de ton jardin

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
Vois le Dieu qui m'a faite
Me fait courber la tête
Et je sens que je tombe
Et je sens que je tombe
Mon coeur est presque nu
J'ai le pied dans la tombe
Déjà je ne suis plus

Tu m'admirais hier
Et je serai poussière
Pour toujours demain

On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Est morte ce matin
La lune cette nuit
A veillé mon amie
Moi en rêve j'ai vu
Éblouissante et nue
Son âme qui dansait
Bien au-delà des nues
Et qui me souriait

Crois celui qui peut croire
Moi, j'ai besoin d'espoir
Sinon je ne suis rien

Ou bien si peu de chose
C'est mon amie la rose
Qui l'a dit hier matin

 

Françoise Hardy

 

dimanche 16 décembre 2007, a 20:33
Le sable et l'écume

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Je marche éternellement sur ces rivages,
entre le sable et l'écume.
Le flux de la marée effacera l'empreinte de mes pas,
et le vent emportera l'écume.
Mais la mer et le rivage demeureront éternellement.
Khalil Gibran
(le sable et l'écume)

dimanche 09 décembre 2007, a 15:44
J.M.G. LE CLEZIO MONDO ET AUTRES HISTOIRES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mondo et autres histoires [...] 
  "Un jour, il y avait eu un grand vent, et le Gitan avait dit à Mondo " Allons voir la bataille des cerfs-volants. " C'était seulement les dimanches de grand vent que les batailles de cerfs-volants avaient lieu. Ils étaient arrivés sur la plage de bonne heure, et les enfants étaient déjà là avec leurs cerfs-volants. Il y en avait de toutes sortes et de toutes les couleurs, des cerfs-volants en forme de losange ou de carré, monoplans ou biplans, sur lesquels étaient peintes des têtes d'animaux. Mais le plus beau cerf-volant appartenait à un homme d'une cinquantaine d'années, qui se tenait tout à fait au bout de la plage. C'était comme un grand papillon jaune et noir aux ailes immenses. Quand il l'avait lancé, tout le monde s'était arrêté de bouger pour regarder. Le grand papillon jaune et noir avait plané un instant à quelques mètres de la mer, puis l'homme avait tiré sur le fil et il s'était cabré. Alors le vent s'était engouffré dans ses ailes et il avait commencé son ascension. Le cerf-volant montait dans le ciel, très loin au-dessus de la mer. Le vent qui soufflait faisait claquer la toile de ses ailes. Sur la plage, l'homme ne bougeait presque pas. Il dévidait la bobine de fil, et son regard était fixé sur le papillon jaune et noir qui se balançait au-dessus de la mer. De temps en temps, l'homme tirait sur le fil, l'enroulait sur la bobine, et le cerf-volant montait encore plus haut dans le ciel. Maintenant il était plus haut que tous les autres, il planait au-dessus de la plage avec ses ailes étendues. Il restait là, il planait sans effort, dans le vent violent, si loin de la terre qu'on ne voyait plus le fil qui le retenait. Quand Mondo et le Gitan s'étaient approchés, l'homme avait donné la bobine et le fil à Mondo. " Tiens-le bien ! " dit-il. Il s'était assis sur la plage et il avait allumé une cigarette. Mondo essayait de résister au vent. " Si ça tire trop, tu donnes un peu, puis tu reprends après. " A tour de rôle, Mondo, le Gitan et l'homme avaient tenu le cerf-volant, jusqu'à ce que tous les autres, fatigués, retombent dans la mer. Tout le monde avait la tête renversée en l'air et regardait le grand papillon jaune et noir qui continuait à planer. C'était vraiment le champion des cerfs-volants, il n'y en avait pas d'autre qui sache monter si haut et voler Si longtemps. Alors, très lentement, l'homme avait fait descendre le grand papillon mètre par mètre. Le cerf-volant tanguait dans le vent, et on entendait les détonations de l'air dans sa voile, et le sifflement aigu du fil. C'était le moment le plus dangereux parce que le fil pouvait se rompre sous la tension, et l'homme avançait un peu en enroulant la bobine. Quand le cerf-volant avait été tout près du rivage. L'homme s'était déplacé sur le côté, en tirant d'un seul coup, puis en lâchant le fil, et le cerf-volant avait atterri sur les galets très lentement, comme un avion. Après, comme ils étaient fatigués ils étaient restés assis sur la plage. Le Gitan avait acheté des hot dogs et ils avaient mangé en regardant la mer. L'homme avait raconté à Mondo les batailles, sur les plages de Turquie, quand on attachait des lames de rasoir aux queues des cerfs-volants. Quand ils étaient très haut dans le ciel, on les lançait les uns contre les autres, pour essayer de les faire tomber. Les lames de rasoir coupaient les voiles. Une fois, il y avait bien longtemps, il avait même réussi à couper le fil d'un cerf-volant qui avait disparu au loin, emporté par le vent comme une feuille morte. Les jours de grand vent, les enfants faisaient voler les cerfs-volants par centaines, et le ciel bleu était couvert de taches multicolores. " Ça devait être beau ", disait Mondo. " Oui, c'était beau. Mais maintenant les gens ne savent plus ", disait l'homme. Il se levait et il enveloppait le grand papillon jaune et noir dans une feuille de plastique. " La prochaine fois, je t'apprendrai comment on fait un vrai cerf-volant ", disait l'homme, "au mois de septembre, c'est la bonne saison, et tu peux faire voler ton cerf-volant comme un oiseau, presque sans le toucher, Mondo pensait qu'il ferait le sien tout blanc, comme une mouette."[...]    

 

dimanche 09 décembre 2007, a 13:32
Ourania J.M.G.LE CLEZIO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
Extraits
 
[...]"Je crois que c'est sur cette nappe que j'ai pensé la première fois à un pays imaginaire. Il y avait ce gros livre rouge que ma mère lisait, et qui parlait de la Grèce, de ses îles. Je ne savais pas ce que c'était que la Grèce. C'étaient des mots. Dehors, dans le couloir froid de la vallée, sur la place de l'église,dans les magasins où j'accompagnais ma mère et ma grand-mère quand elles allaient acheter du lait ou des pommes de terre, il n'y avait pas de mots. Seulement le son des cloches, le bruit des galoches sur le pavé, des cris.
Mais du livre rouge sortait des mots, des noms. Chaos, Éros, Gaïa et ses enfants, Pontos, Océanos et Ouranos le ciel étoilé. Je les écoutais sans comprendre. Il était question de la mer, du ciel, des étoiles. Est-ce que je savais ce que c'était? Je ne les avais jamais vus. Je ne connaissais que les dessins de la toile cirée, l'odeur de soufre, et la voix chantante de ma mère qui lisait. C'est dans le livre que j'ai trouvé le nom du pays d'Ourania. C'est peut-être ma mère qui a inventé ce nom, pour partager mon rêve." [...]
 
[...]"A Campos, nous n'avons pas d'école comme vous dites. A Campos les enfants n'ont pas besoin d'aller à l'école parce que notre école est partout.Notre école c'est tout le temps, le jour, la nuit, tout ce que nous disons, tout ce que nous faisons. Nous apprenons, mais ça n'est pas dans les livres et les images, c'est autrement."[...]
 
[...]" Mesdames et messieurs, la terre est notre peau.Comme notre peau, elle change, elle vieillit, elle s'affine ou s'endurcit selon les traitements qu'elle reçoit, elle se craquelle, elle se blesse.Cette terre, la terre noire du jardin d'Eden que vous avez reçue en héritage, vous  qui êtes nés dans la Vallée, ou les immigrants venus d'ailleurs, cette terre sur laquelle vous vous êtes arrêtés, dont vous vous nourrissiez, qui vous enserre, ne croyez pas qu'elle soit éternelle."[...]
 
 [...]  "Ici on enseigne en conversant, en écoutant des histoires ou même en rêvant, en regardant les nuages… Il dit que nous devons apprendre tous à être petits pour devenir des humains."[...]
 
[...] " Je sais seulement que le monde est grand, que personne ne possède rien hormis ce qu'il fait, je sais que notre seule certitude est dans le ciel et non pas sur la terre, parce que le ciel que nous voyons, avec le soleil et les étoiles, est celui que nos ancêtres ont vu, et qu'il est celui que nos enfants verront. Que pour le ciel nous sommes à la fois des vieillards et des enfants ."[...]
 

 

 

mardi 04 décembre 2007, a 17:41
Barbara

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Barbara
 
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.
 
Jacques Prévert

mercredi 28 novembre 2007, a 22:13
Automne

En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.
Khalil Gibran. Le sable et l'écume

mardi 27 novembre 2007, a 12:07
couleurs d'automne

Couleurs d'Automne

 

Arbres remplis de fruits qu'en cette saison la nature
Nous donne généreusement!
Gaieté dans les vignes où les raisins bien mûrs
Sont cueillis en chantant.

Premiers brouillards et champignons cachés des bois
Nonnettes voilées, bolets bais...
Sous les noyers les enfants cherchent les dernières noix
Que le vent fait tomber.

Dans un grand champ un percheron retourne la terre
En fumant des nasaux
Pendant qu'une volée d'oiseaux se battent à l'arrière
Pour quelques vermisseaux!

De temps à autre, des aboiements cassent le silence
Mêlés de coups de feu...
Cache-toi petite biche des chasseurs sans clémence,
Si tu veux vivre heureuse,

Dans les sous- bois colorés et les arbres chargés
D'or, de feu et d'argent.
Tes amis les cerfs se battent comme des enragés,
Pour toi, jeune et charmante!

Pourtant chaque soir le soleil rétrécit sa course
En voyageur pressé.
Et chaque nuit: la Petit'Ours se colle à la Grand'Ours
Sans jamais renoncer!

Premiers cheveux blancs qu'on voit dans un miroir
Dès l'automne de l'âge,
Derniers vols d'hirondelles qui sentent venir le froid
Et partent vers les plages...

C'est la rentrée, les marrons sont tombés; les feuilles
Voltigent au vent du Nord
L'enfant tout joyeux saute, les poursuit et les cueille
En sortant de l'école,

Et des plus belles couleurs, il s'en remplit les mains,
Puis les porte à sa mère,
Qui pour ne pas décevoir, garde précieusement:
Ce trésor éphémère.

 

Jean Claude Brinette

Présentation
"On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Antoine de Saint Exupery

Bonjour,

Je vous remercie de passer me rendre visite, mais soyez indulgents , je ne suis qu'une novice... ( un peu moins quand même... ce blog vient de souffler sa première bougie ce 18 novembre !)
Je viens traîner mes galoches par ici, tout simplement pour partager avec vous mon engouement pour la poésie et la nature, pour "mon" île de Beauté, que j'ai abandonnée il y a quelques années pour la belle Provence...
Et sans défiance, je mets en ligne des sujets qui vont paraître disparates les uns des autres, mais qui ont cependant un point commun : notre terre et l'humain que nous nous devons de respecter ...
Pace e salute...
Lily

0 COMMENTAIRE(S) ?...Pourtant je sais que vous êtes passé(e) par là... L'air est encore embaumé de votre fragrance... Et sur le chemin de vos pas la trace...
Alors vous inconnu(e) qui me lisez ne restez pas ainsi dans l'anonymat... Juste une petite "bafouille"...
Merci...
sourire...
(*-*)
Si vous avez un blog, veuillez laisser votre adresse, je vous rendrai visite avec plaisir...
*Pour agrandir les photos, il suffit de cliquer sur la "main" quand vous déplacez la souris !
**Vous pouvez mettre sur pause le lecteur de musique, en cours, et selectionner une autre chanson si vous le souhaitez !

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